Corse

Manuel Valls appelle les Corses à en finir avec l'omerta

Manuel Valls aux côtés du préfet de Corse-du-Sud, à Ajaccio, le 15 novembre 2012.
Manuel Valls aux côtés du préfet de Corse-du-Sud, à Ajaccio, le 15 novembre 2012. AFP PHOTO / PASCAL POCHARD-CASABIANCA
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, était en Corse, ce jeudi 15 novembre, avec sa collègue de la Justice, Christiane Taubira. Deux ministres, pas moins, pour rappeler la détermination de l'Etat à lutter contre la violence et mettre fin à l'impunité. L'assassinat, mercredi, de Jacques Nacer, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Corse-du-Sud -le 17e en un an- est venu rappeler au gouvernement l'urgence d'agir sur « l'île de beauté ».

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Avec notre envoyé spécial à Ajaccio, Franck Alexandre

Les mots sont lâchés : mafia, affairisme, pègre. Un vocabulaire rarement usité par un ministre en déplacement en Corse. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, appelle à un sursaut de la société, il appelle surtout à mettre fin à l’omerta et il demande clairement aux Corses de collaborer. Du jamais vu : « On connaît les commanditaires. On connaît ceux qui sont derrière ces règlements de comptes. On sait, mais on ne parle pas. Nous avons besoin de la mobilisation de tous les Corses. Il faut parler. »

Manuel Valls aime la Corse et les Corses, il l’a dit et répété, ce qui ne l’empêche pas d’agiter le chiffon rouge de l’omerta. Anna-Maria Sollacaro, la fille de l’avocat abattu le mois dernier, attend aujourd’hui des autorités moins de clichés et plus d’action pour arrêter les assassins : « La Corse attend un résultat, attend que des investigations soient menées, que les enquêtes aboutissent, que les coupables soient jugés, que des familles arrêtent de pleurer leur frère, leur fils, leur mari. Je parlais avec la sœur d’une personne qui a été assassinée, il y a sept ans déjà. Son affaire n’a jamais été résolue. Je pense sincèrement qu’on agit en toute impunité ici et que c’est justement dû au fait que jamais rien n’est fait. »

L'avocat Antoine Sollacaro le mois dernier, Jacques Nacer aujourd'hui : en quelques mois, quatre proches d'Alain Orsoni ont été assassinés. L'ancien dirigeant nationaliste, président du club de football AC Ajaccio se dit très inquiet et envisage de quitter le club.

Pas moins de 17 personnes ont été abattues depuis le début de l’année sur l’île, mais personne n’a encore été interpellé.

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