France /Justice

Affaire du meurtre de Firmin Mahé: prison requise contre les quatre accusés

Dahou Koulai Jacques (C) le frère  de Firmin Mahé à la cour d’assises de Paris, le 4 décembre 2012.
Dahou Koulai Jacques (C) le frère de Firmin Mahé à la cour d’assises de Paris, le 4 décembre 2012. AFP / Francois GUILLOT

L’avocate générale de la cour d’assises de Paris a requis ce jeudi 6 décembre des peines de prison de six mois avec sursis à cinq ans ferme contre les quatre militaires français de la force Licorne. Ils sont accusés d’avoir tué en 2005 en Côte d’Ivoire, Fimin Mahé, présenté comme un coupeur de route. Cette affaire est la première qui touche l’armée française depuis la guerre d’Algérie.  

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A la cour d’assises de Paris, Franck Alexandre

« Le devoir du soldat c’est de respecter la loi », annonçait en préambule Annie Grenier, l’avocate générale. Et son réquisitoire balaie tous les arguments de la défense. Balayée la légitimité de l’acte au vu du contexte, le fameux, ‘un mal pour éviter le pire’.

« Bien sûr qu’il était possible de faire autrement. L’ordre de tuer était illégal et tous les accusés le savaient ! », martèle Annie Grenier.

Balayée l’excuse de la contrainte, cette force irrésistible qui conduit l’individu à agir sans pouvoir faire autrement. « Le brigadier Shnir qui maintient le corps de Mahé, quand Raugel l’étouffe, était-il sous la contrainte irrésistible ? Absolument pas ! », dénonce la procureur. « Le brigadier Ben Youssouf, qui conduit le véhicule et qui dit n’avoir rien vu, je n’y crois pas ! », poursuit-elle.

Balayé, l’argument du colonel Burgaud, qui dit avoir reçu l’ordre de tuer Mahé, du général Poncet. La chaîne de commandement s’arrête à son niveau et sa responsabilité est extrêmement lourde. « Sans lui, rappelle l’avocate générale, rien n’aurait été possible ».

Peine requise pour le colonel : cinq ans de réclusion criminelle, cinq ans dont deux ans avec sursis pour l’adjudant Raugel qui a tué Mahé. Deux à trois ans avec sursis pour le brigadier Shnir, et six mois avec sursis pour le brigadier Ben Youssouf.

Un quantum faible pour un homicide volontaire. Mais l’avocate générale l’avoue, c’est une affaire exceptionnelle. C’est la première fois qu’une cour d’assises doit juger des militaires pour des faits commis en opération extérieure. Et là, la justice manque de repères pour sanctionner les accusés.

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