France / Médias

Le coup de théâtre de Bernard Tapie: le rachat d'une partie du groupe Hersant Médias

Bernard Tapie, lors d'une émission de télévision le 15 février 2008.
Bernard Tapie, lors d'une émission de télévision le 15 février 2008. (Photo : AFP)

L'homme d'affaires Bernard Tapie, associé à la famille Hersant, rachète une dizaine de titres du groupe Hersant Médias (GHM), parmi lesquels les quotidiens La Provence et Nice-Matin. Coût de l’opération : une cinquantaine de millions d’euros. C’est un rebondissement dans ce dossier, car le belge Rossel semblait le mieux placé pour acquérir ces titres. Bernard Tapie revient-il au devant de la scène pour se porter candidat à la mairie de Marseille en 2014 ?

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C'est son grand retour ! Aux affaires mais surtout dans le Sud. Bernard Tapie, ancien patron de l'équipe de football de Marseille revient dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur avec la casquette de patron de presse.

En rachetant La Provence, Nice-Matin, Var-Matin, Corse-Matin ainsi que des quotidiens des Antilles, de Guyane et de Nouvelle-Calédonie, l'ancien ministre, qui a aussi été chanteur, acteur, repreneur des causes perdues, montre qu'à bientôt 70 ans, il se veut toujours un gagnant. Il a même puisé la moitié de son offre dans ses économies personnelles, soit 25 millions d'euros pour racheter Hersant Médias.

Avec la famille Hersant, Bernard Tapie forme un duo étonnant pour certains, mais dont l'association vise à ne pas démanteler le secteur presse restant du groupe GHM, puisque les titres du pôle Est -Champagne-Ardenne et Picardie- ont déjà été cédés. Mais pour d'autres analystes, cette mainmise sur les médias du Sud n'est pas surprenante car elle annoncerait peut-être un autre retour : celui de Bernard Tapie dans la course à la mairie de Marseille en 2014.

Retour en politique ?

Une hypothèse balayée par l'intéressé : « C’est ridicule, ça n’a pas de fondement. » Bernard Tapie, l’assurait déjà il y a quelques semaines : non, il n'a aucune intention de briguer la mairie de Marseille en 2014. Penser cela serait une « triple connerie », dit-il. Et l’homme d’affaires d’enfoncer le clou dans sa lettre adressée le 18 décembre au conciliateur : « Je me suis engagé à l’égard de Philippe Hersant à ne pas postuler à quelque mandat électoral que ce soit. »

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Or, Bernard Tapie lui-même ne semble pas vraiment croire à ce qu’il dit. Dans cette lettre en effet, il prend soin d’ajouter qu'au cas où il déciderait finalement de se présenter à un mandat électoral, il céderait la totalité de ses actions. Et généreusement, il reverserait l’argent gagné à une association caritative.

Quoi qu'il en soit, Bernard Tapie semble avoir conservé toute son ambition. Ministre de la Ville au début des années 90, ce touche-à-tout semble avoir envie de regoûter à la politique. Il reste plus que jamais attaché à Marseille où il a été élu député à deux reprises en 1989 et 1993. En devenir maire reste un vieux rêve pour l’ancien président de l’OM.

En attendant, il a donc décidé de se lancer dans le monde de la presse. Un drôle de contrepied de la part d’un homme qui déclarait à l'époque : « A quoi ça sert d'acheter un journal, quand on peut acheter un journaliste ? »

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