France / Education

France: qui va payer l’allongement de la semaine scolaire ?

Salle de classe.
Salle de classe. Getty Images/Sylvain Sonnet
Texte par : RFI Suivre
3 mn

A Paris, les écoles primaires sont massivement en grève ce mardi 22 janvier 2013 contre le retour à la semaine de quatre jours et demi à la rentrée 2013, contre quatre jours actuellement. C'est le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui a précipité le calendrier dans la capitale puisque tous les maires de France ont le droit de demander un report de la réforme jusqu'en 2014. Sa volonté de bien faire a aussitôt braqué le monde enseignant, qui parle de « réforme bâclée » et de « précipitation inutile ». En attendant, sur le terrain, la réforme conduite par le ministre de l'Education Vincent Peillon est un véritable casse-tête pour les mairies, les conseils généraux et les caisses d'allocations familiales qui voient avec angoisse gonfler la facture.

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Favoriser les apprentissages en allégeant la journée d'école de 45 minutes au profit du mercredi matin, c'est une idée qui fait plutôt consensus. Ce qui fait grincer des dents, c'est le coût important de cette réforme.

En effet, l'Etat entend débloquer 250 millions d'euros pour les communes prêtes à l'appliquer dès septembre prochain, mais les maires estiment qu'ils en auront pour 600 millions au moins en frais de chauffage, de gardiennage, de transports scolaires et d'entretien. Il faudra aussi envisager parfois des frais de cantine le mercredi midi, et surtout recruter et former des animateurs spécialisés pour garder les enfants lors des activités périscolaires, juste avant qu'ils ne sortent de l'école en fin d'après-midi.

De ce point de vue, tous les établissements ne seront pas logés à la même enseigne : le risque, c'est de voir certaines écoles se transformer en simples garderies alors que d'autres, mieux loties sur le plan socioculturel, permettront un véritable éveil des écoliers. Une fois de plus, tout sera question de moyens. Et un argument interpelle tous les enseignants : s'ils veulent travailler, ceux qui ont des enfants en bas âge vont avoir besoin d'une revalorisation financière pour les faire garder le mercredi matin.

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