France / Education

France: la refondation de l'école au programme du Conseil des ministres

Dans son projet de réformer l'école française, le ministre de l'Education Vincent Peillon se heurte au «conservatisme» des syndicats enseignants.
Dans son projet de réformer l'école française, le ministre de l'Education Vincent Peillon se heurte au «conservatisme» des syndicats enseignants. AFP PHOTO / ERIC CABANIS
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le texte de loi sur la refondation de l'école, qui ne contient pas moins de 53 articles, est présenté ce mercredi en Conseil des ministres. Proposé par le ministre de l'Education Vincent Peillon, ce texte vise notamment à réformer la formation des enseignants, l'orientation des collégiens, mais surtout le rythme scolaire avec le retour à la semaine de quatre jours et demi. Mais cette refondation de l'école n'est pas du goût des syndicats enseignants.

Publicité

Un des grands axes de cette réforme repose sur la priorité donnée à l'école primaire, lieu où se jouent les destins scolaires. Une des mesures envisagées prévoit donc un professeur supplémentaire dans la classe pour permettre de travailler en petits groupes. Des cours de langues obligatoires sont également prévus dès le cours préparatoire afin d'améliorer les résultats jugés « alarmants » en langues étrangères.

Mais la refondation de l'école passe aussi par des enseignants mieux formés, capables de s'adapter à tous les publics scolaires. La réforme de la formation des enseignants, mise en place sous Nicolas Sarkozy, avait supprimé l’année de formation en alternance durant laquelle les enseignants apprenaient leur métier. Elle va être rétablie, et les futurs professeurs auront des écoles de professorat où ils seront notamment formés à la pédagogie, avec des stages sur le terrain.

Il faut changer l'école française. Nous sommes en train de décliner dans tous les classements.

Vincent Peillon

Le contenu des enseignements sera quant à lui plus moderne et mieux adapté aux besoins de l'élève, grâce au développement des équipements numériques. Les élèves seront par ailleurs mieux orientés. Finie l'orientation en classe de 4e ; les collégiens auront plus de temps pour choisir.

Opposition des syndicats enseignants

Enfin, Vincent Peillon revoit les rythmes scolaires avec le retour à la semaine des quatre jours et demi dès la rentrée 2013. Une mesure qui fait déjà débat. Le principal syndicat du primaire appelle à une journée nationale d’action pour interpeller le ministre sur les besoins des écoles. Ce mardi, les enseignants parisiens du primaire étaient nombreux à être en grève. Entre 80 et 90%, selon les estimations.

La réforme devait pourtant passer comme une lettre à la poste. Vincent Peillon travaillait sur le sujet depuis longtemps. Spécialiste des questions d'éducation auprès du candidat Hollande, il avait multiplié les rencontres avec les syndicats pendant la campagne présidentielle. Le principe d'un retour à la semaine de quatre jours et demi semblait trouver un certain écho auprès des enseignants, raison pour laquelle François Hollande en avait fait une de ses promesses de campagne.

Mais comme souvent, c'est lorsqu'on entre dans les considérations pratiques que les difficultés commencent. Résutat : huit mois après la victoire de la gauche, c'est la douche froide pour le numéro 3 du gouvernement. La concertation sur la refondation de l'école n'a pas abouti au consensus espéré. Bien au contraire, le Conseil supérieur de l'éducation s'est nettement opposé au projet. Les syndicats sont également contre. « La puissance du conservatisme français est stupéfiante », a réagi le ministre de l'Education.

C'est donc un test grandeur nature pour Vincent Peillon et le gouvernement. La gauche va-t-elle parvenir à réformer le système éducatif ? L'enjeu est de taille. Mais en passant en force, le gouvernement risque sérieusement de se mettre à dos une partie de son électorat enseignant.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail