France

La filière viande française en danger

L'Union européenne se penche sur la PAC et la chaîne alimentaire ce lundi 25 février 2013.
L'Union européenne se penche sur la PAC et la chaîne alimentaire ce lundi 25 février 2013. pmaf.org

A l’heure du Salon de l'agriculture, les éleveurs font grise mine. Leurs revenus ne cessent de baisser et la profession se sent menacée. A Bruxelles se tient le Conseil de l'Union européenne des ministres de l'Agriculture. Les débats portent sur la réforme de la politique agricole commune (PAC), mais aussi sur la question de l'utilisation frauduleuse de viande de cheval dans les plats transformés. Car le dernier scandale alimentaire touche de plein fouet les éleveurs de bovins.

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Les éleveurs sont inquiets pour leur avenir. Et pourtant, les prix du bœuf ont augmenté depuis deux ans et ceux des ovins n'ont jamais été aussi élevés. La France produit 1,7 million tonnes de viande par an, soit un cinquième de la production européenne. Et si la consommation baisse en France, le bœuf français s'exporte jusqu'en Chine, en Corée du Sud et au Japon.

La France pourrait produire plus si elle se donnait des moyens. Mais l'élevage français est menacé par sa faible rentabilité. Selon Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine, il s’agit d’un véritable « cyclone mondial des productions et des prix agricoles ». Le secteur de la viande bovine en France et en Europe n’échappe pas à la compétitivité économique entre les productions végétales et animales. Pour un agriculteur, « il est plus rentable aujourd’hui de produire du blé que de faire de la viande bovine ».

Dans ce contexte économique sombre, il n'y a plus de renouvellement des générations. Comme le rappelle Julien Bigand, du syndicat des Jeunes Agriculteurs, éleveur dans l'Est de la France, « aujourd’hui la moitié des éleveurs a plus de cinquante ans ». Le métier ne se transmet plus par héritage, il faut trouver des solutions pour attirer du monde.

Les Etats généraux Bétail et Viande

Face à la situation dramatique, la profession s'organise. Le 20 février 2013, les premiers Etats généraux de l'Interprofession Bétail et Viande ont rendu leurs conclusions sous forme de feuille de route. Les participants de ce sommet préconisent plus de solidarité entre les différents acteurs de la filière : que les éleveurs soient mieux payés par les industriels et la distribution. Il est indispensable que tout l'aval de la filière se modernise face à la concurrence mondiale. La France ne peut pas avancer toute seule. Au moment où se profile la réforme de la politique agricole commune (PAC), Paris tient à jouer un rôle majeur aux côtés de ses partenaires européens.

Et les consommateurs dans tout ça ?

Les consommateurs ont été choqués par le scandale avec la viande de cheval dans les plats transformés. Un nouveau logo pourrait voir le jour. D’après Olivier Andrault, chargé de mission agriculture et alimentation chez UFC Que Choisir , « la première demande des consommateurs européens est d’indiquer les pays d’origine des ingrédients principaux dans des produits transformés, mais aussi le pays de fabrication ». Les consommateurs sont prêts à payer un peu plus pour la traçabilité et la qualité des produits achetés. Mais la question reste ouverte : est-ce que tout le monde est prêt à jouer le jeu ?

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