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France/Cyber-censure

Reporters sans frontières débusque les «ennemis d’internet»

En Chine, internet est particulièrement surveillé. Ici un internaute se heurte à un refus d'accès au site d'un journal indépendant fermé depuis, à Pékin, le 4 janvier 2013.
En Chine, internet est particulièrement surveillé. Ici un internaute se heurte à un refus d'accès au site d'un journal indépendant fermé depuis, à Pékin, le 4 janvier 2013. AFP PHOTO

Pour la Journée mondiale contre la cyber-censure, ce 12 mars 2013, Reporters sans frontières pointe cinq Etats particulièrement engagés dans une surveillance active des acteurs de l’information, permettant de graves violations de la liberté de l’information et des droits de l’homme. Il s’agit de la Syrie, de la Chine, de l’Iran, du Bahreïn et du Vietnam.

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Au fur et à mesure que les techniques progressent, les «cyber-censeurs» les intègrent pour leur chasse aux journalistes, dissidents et autres militants des droits de l’homme. Cela est particulièrement poussé en Syrie, en Iran, en Chine, au Bahreïn et au Vietnam. Mais, ces Etats ne pourraient exercer leurs sombres activités sans la coopération active de ceux que Reporters sans frontières (RSF) appellent les « mercenaires de l’ère digitale », c’est-à-dire les entreprises qui leur fournissent les bons outils.  

Entreprises et Etats, complices

Pour la première fois, dans son rapport 2013 sur les « ennemis d’internet », RSF publie la liste de ces entreprises sans lesquelles les Etats autoritaires ne pourraient espionner leurs citoyens : Gamma, Trovicor, Hacking Team, Amesys et Blue Coat. « A la date du 12 mars 2013, près de 180 net-citoyens demeurent détenus pour leurs activités d’information en ligne » : une situation qui doit beaucoup aux technologies avancées fournies par ces entreprises aux Etats incriminés par Reporters sans frontières.

« Leurs produits, des outils d’ "optimisation de réseau ou de lutte contre la criminalité" ont été ou sont utilisés par les autorités de pays répressifs pour commettre des violations des droits de l’homme et de la liberté de l’information. Les produits de surveillance et d’interception de l’entreprise Trovicor ont permis à la famille royale du Bahreïn d’espionner et d’arrêter des acteurs de l’information. En Syrie, les produits DPI (Deep Packet Inspection) développés par Blue Coat ont offert au régime la possibilité d’espionner les dissidents et net-citoyens de tout le pays, de procéder à des arrestations et des actes de torture. Les produits Eagle fournis par la société Amesys ont également été découverts dans les locaux de la police secrete de Mouammar Kadhafi. Les logiciels malveillants conçus par HackingTeam ou Gamma ont permis la récupération par les autorités de mots de passe de journalistes et net-citoyens », détaille le rapport de RSF.

Ainsi que le déplore Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, puisque « de graves violations des droits de l’homme sont rendues possibles par l’utilisation de matériels ou de technologies de surveillance fournies par des entreprises basées dans des pays démocratiques, il est temps que les dirigeants de ces pays, qui condamnent officiellement les atteintes à la liberté d’expression en ligne, prennent des mesures fortes, notamment mettent en place un contrôle strict de l’exportation des armes digitales vers des pays qui bafouent les droits fondamentaux », préconise-t-il.

Kit de survie numérique

Deux types de produits fournis par les entreprises sont épinglés dans ce rapport : du matériel d’écoute à grande échelle pour surveiller le réseau dans son ensemble, des logiciels espions (spyware) et autres dispositifs permettant de mettre en place une surveillance ciblée. Destiné à lutter contre le cybercrime, ce système est utilisé dans plusieurs pays à des fins détournées pour espionner les journalistes et leurs sources afin d’éradiquer la liberté d’information.

Parmi les pays définis comme étant des « ennemis d’internet », la Syrie, la Chine, l’Iran, le Bahreïn et le Vietnam, RSF pointe par exemple le cas de la Syrie sur lequel il s’est procuré un document inédit, un appel d’offre lancé en 1999 par la Société syrienne de Télécommunications (STE). « Ce document montre que le réseau internet syrien a été conçu pour intégrer des fonctionnalités étendues de filtrage et de surveillance », accuse l’association. Sans négliger la Chine, ajoute RSF, dont la « Grande Muraille Electronique est probablement le système le plus sophistiqué au monde et qui a intensifié sa guerre contre les outils d’anonymisation et enrôlé les entreprises privées du Web dans la surveillance des internautes ».

Devant un constat aussi inquiétant, Reporters sans frontières demande la mise en place d’un contrôle de l’exportation de technologies et matériel de surveillance vers des pays qui bafouent les droits fondamentaux. En attendant, l'organisation met à la disposition des acteurs de l’information un « kit de survie numérique » sur le site WeFightCensorship.org afin de les aider à se soustraire à cette surveillance de plus en plus active et intrusive.

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