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France / Politique

Affaire Cahuzac: quatre mois d'enquête et un séisme politique

Le 4 décembre 2012,  Mediapart accuse Jérôme Cahuzac, chantre de la lutte contre l'évasion fiscale, d'avoir détenu jusqu'au début 2010 un compte bancaire non déclaré à l'Union des banques suisses (UBS) de Genève.
Le 4 décembre 2012, Mediapart accuse Jérôme Cahuzac, chantre de la lutte contre l'évasion fiscale, d'avoir détenu jusqu'au début 2010 un compte bancaire non déclaré à l'Union des banques suisses (UBS) de Genève. DR
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les aveux de Jérôme Cahuzac sur l'existence de son compte en Suisse et sa mise en examen pour blanchiment de fraude fiscale mardi 2 avril font suite à quatre mois de scandale politique révélé par le site internet d’information Mediapart.

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Le 4 décembre 2012, Mediapart accuse Jérôme Cahuzac, chantre de la lutte contre l'évasion fiscale, d'avoir détenu jusqu'au début 2010 « un compte bancaire non déclaré à l'Union des banques suisses (UBS) de Genève » avant de déplacer ses avoirs à l'UBS de Singapour. Pour lancer ces accusations, Mediapart s'appuie notamment sur une note d'un ex-agent du fisc, Rémy Garnier, adressée en 2008 à sa hiérarchie. L’ancien ministre dément formellement les accusations et assure n'avoir « jamais disposé d'un compte en Suisse ou ailleurs à l'étranger ».

Solidarité du Parti socialiste

Le lendemain, Mediapart publie un enregistrement datant de fin 2000, selon le site, dans lequel Jérôme Cahuzac s'inquiète de son compte « ouvert à l'UBS ». Le ministre parle d'accusations « délirantes » et publie le plan de financement de son appartement parisien acheté en 1994, mis en cause par Mediapart. Le président François Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lui manifestent leur solidarité.

Le 6 décembre, Jérôme Cahuzac porte plainte en diffamation contre Mediapart.
Rémy Garnier, l'ex-agent du fisc, « n'exclut pas » que le ministre soit innocent concernant son compte caché, mais affirme avoir relevé des « anomalies » dans son dossier fiscal. Il reconnaît s'être « trompé » en attribuant à M. Cahuzac des biens à La Baule et Marrakech.

Quelques jours plus tard, Jérôme Cahuzac demande à l'UBS de certifier qu'il n'a jamais détenu de compte dans cette banque. « Par principe », celle-ci refuse.

Seconde plainte contre «Mediapart»

Le 20 décembre, Jérôme Cahuzac dépose une nouvelle plainte en diffamation contre
Mediapart, avec constitution de partie civile, ce qui entraîne automatiquement la saisine d'un juge d'instruction. Selon le journal en ligne, le détenteur de l'enregistrement est l'avocat Michel Gonelle, défenseur de Rémy Garnier et ancien adversaire RPR de Jérôme Cahuzac à la mairie de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne). L'Elysée confirme avoir été contacté le 15 décembre par Me Gonelle.

Fin décembre, Edwy Plenel, directeur de Mediapart, demande une enquête sur l'affaire au procureur de Paris. Jérôme Cahuzac répète qu'il « nie en bloc et en détail » avoir détenu un compte en Suisse. Et lorsque le parquet ouvre une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale, le 8 janvier. M. Cahuzac se dit sûr d'en sortir blanchi.

Alors que maître Gonelle déclare avoir remis l'enregistrement à la police, la Suisse transmet à la France le 8 février un document à la teneur inconnue. Le 10, Le Journal du Dimanche affirme qu'il innocente M. Cahuzac.

La fin du mensonge

Le 19 mars, le parquet ouvre une information judiciaire pour « blanchiment de fraude fiscale » et déclare que la voix de l'enregistrement est probablement, selon l'expertise de la police, celle de M. Cahuzac. Le même jour, le ministre quitte le gouvernement, en répétant qu'il est innocent.

Le 2 avril, Jérôme Cahuzac est mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale par les juges en charge de l'enquête, devant lesquels il a reconnu avoir détenu un compte à l'étranger. Dans un communiqué, il se dit « dévasté par le remords » et demande pardon pour « une faute inqualifiable ». Selon le journal Le Temps, c'est une perquisition à Genève qui a établi l'existence du compte suisse de M. Cahuzac.

(avec AFP)

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