France

France: François Hollande sous la pression de ses proches pour un changement de cap

Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, plaide pour «un nouveau temps du quinquennat» de François Hollande.
Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, plaide pour «un nouveau temps du quinquennat» de François Hollande. REUTERS/Charles Platiau
Texte par : Charlotte Gauthier
3 mn

Alors qu'il s'apprête à fêter le premier anniversaire de son quinquennat, deux poids lourds parmi les fidèles du président français réclament un changement de cap dans la politique menée par François Hollande. Après le choc de moralisation qui a fait suite à l'affaire Cahuzac, le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, et le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, deux «hollandais», exigent un choc politique.

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La fronde monte dans l’entourage du président français. Et le chef de file de cette fronde, c'est Claude Bartolone, le patron de l'Assemblée nationale. Lui qui avait déjà protesté contre la publication du patrimoine des élus continue sur sa lignée. Il réclame cette fois « un nouveau temps du quinquennat ».

« Il est désormais temps de tirer des leçons pour envisager le nouveau temps du quinquennat. Nous ne pouvons pas continuer avec un groupe socialiste qui ne se sent parfois pas écouté, un groupe écologiste qui ne sait pas exactement s'il veut rester ou partir et un groupe communiste qui a l'impression de ne pas être entendu », a expliqué Claude Bartolone dans une interview au Monde.

Le quatrième personnage de l'Etat appelle surtout François Hollande à se concentrer désormais sur les problèmes quotidiens des Français. Avec deux dossiers principaux, d'après lui : le logement et la consommation.

Passer à une phase « offensive »

Autre frondeur : le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll. Lui aussi réclame cette « deuxième phase du quinquennat. » Une phase où l'exécutif ne ferait plus qu'encaisser les plans sociaux à répétition, mais relancerait la croissance économique grâce à l'investissement.

Le ministre de l’Agriculture, interrogé par Les Echos, considère qu’« on a trop longtemps confondu relance et dépense publique. Aujourd’hui, il faut bien sûr se donner les moyens de relancer la croissance, mais nous pouvons le faire en suscitant des investissements ». Une remise en cause directe de la politique actuelle du président de la République.

Remaniement ministériel

En plus de ces critiques, parmi les proches du président, ils sont nombreux à réclamer un remaniement ministériel. Un remaniement qui passerait par un « resserrement de l'équipe gouvernementale ». On parlerait d'une vingtaine de ministres, contre 38 aujourd'hui. Pour ce qui est du Premier ministre en revanche, peu remettent ouvertement en question la légitimité de Jean-Marc Ayrault.

Mais ce remaniement gouvernemental semble inéluctable. La seule question est : quand et comment ? Un ministre évoque un délai de cinq mois pour que le changement se fasse.

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