Automobile

PSA restructuré pour plus de compétitivité

Philippe Varin, le directeur général de PSA Peugeot-Citroën, lors de l'assemblée générale le 24 avril dernier.
Philippe Varin, le directeur général de PSA Peugeot-Citroën, lors de l'assemblée générale le 24 avril dernier. REUTERS/Charles Platiau
Texte par : Patricia Lecompte
5 mn

Ultime comité central d’entreprise, ce lundi 29 avril, chez le constructeur français PSA Peugeot-Citroën. C’est la dernière étape avant la mise en place du plan social qui sonnera la suppression de 11 000 emplois et la fermeture de l’usine d’Aulnay en Seine-Saint-Denis. Avec moins de trois millions de véhicules vendus en 2012, le marché européen de l’automobile recule de 16,5 %.

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PSA Peugeot-Citroën vient d'annoncer, pour le premier trimestre, une baisse de ses ventes mondiales de 6,5 %. Pour contrer le marasme, le groupe va, en plus de son plan de restructuration, mettre en place un plan de compétitivité dans ses usines en France.

D’où le bras de fer entre la direction et les syndicats qui s’élèvent contre les suppressions d’emplois annoncées. Bertrand Rakotto, analyste du secteur automobile au cabinet d’études Polk reprend ce qu’avait dit un ouvrier américain au lendemain de la crise aux Etats-Unis : « Il faut parfois savoir se couper un bras pour survivre. »

Se couper un bras, c'est-à-dire accepter le plan de restructuration et la fermeture de l'usine d'Aulnay programmée en 2014... Selon Bertrand Rakotto, « les mesures drastiques prises aux Etats-Unis ont au final porté leurs fruits puisque sur la plupart des ouvriers qui ont été licenciés au lendemain de la crise aux Etats-Unis, beaucoup ont été réembauchés derrière, PSA ferait bien de s'en inspirer ».

Et c’est précisément ce que la direction de PSA tente de faire. Son chiffre d’affaires en berne la pousse à mettre en place un plan de compétitivité, comme vient de le faire son concurrent Renault. La direction de PSA veut engager des négociations avec les syndicats sur un accord de compétitivité, ce qui implique à terme la suppression de 11 000 emplois en France. Elle souhaite garder une plateforme performante et adapter son outil industriel à la demande réelle du marché. Un marché qui depuis 2009 ne donne aucun signe de reprise, alors que PSA réalise 57 % de ses ventes en Europe.

Les émergents, une bouffée d’oxygène pour PSA

Le groupe considère qu'il fonctionne en surcapacité. Une situation qui le contraint à ce tour de vis. Un avis que ne partage pas le délégué CGT Patrick Planque : « Le problème de PSA, c’est de toujours augmenter ses profits et la réelle difficulté pour la direction, au-delà de la fermeture d’Aulnay, c’est de faire passer tous les plans de compétitivité. Leur problème, ce n’est pas les 11 000 salariés qui vont être mis à la porte, c’est de faire travailler plus les 60 000 salariés qui vont rester ». La direction espère qu’un accord sera trouvé d'ici l'automne.

L'année 2012 a été une très mauvaise pour le constructeur français, 2013 sera médiocre et 2014 risque d'être plus mauvaise que prévu... Une telle configuration pose le problème de l'avenir industriel du secteur.

Pour trouver des relais de croissance, PSA, comme ses concurrents, se tourne désormais vers les pays émergents comme la Russie ou la Chine, là où la demande explose. Pour Bertrand Rakotto, PSA aurait même dû le faire plus tôt, comme Renault qui en voit déjà les bénéfices : « On ne peut pas sauver l’automobile française avec seulement le marché français, si on veut aider les entreprises françaises, il faut les aider à s’internationaliser et savoir construire des usines ailleurs comme en Asie, en Amérique latine ou en Amérique du Nord. Ce sont des marchés porteurs pour l’automobile et l’industrie française doit y être présente et y produire. »

Une croissance qui ne profite pas aux salariés

La Chine est aujourd'hui le premier marché de PSA devant la France. Ses ventes en Chine ont grimpé de 31 % au premier trimestre 2013, avec 142 000 voitures particulières vendues, des résultats supérieurs aux prévisions.

Stéphane Le Guevel est directeur général adjoint de Dong Feng-Peugeot, une joint-venture de PSA Peugeot-Citroën en Chine : « Cette année, on avait prévu une croissance de 7 % par rapport à 2012. En réalité, nous sommes sur un rythme supérieur. Fin mars, le marché chinois a progressé de 18 %. Ici l’automobile se porte bien, les perspectives pour la marque Peugeot sont très bonnes, nous sommes parmi les marques qui progressent le plus, mais nous sommes encore un challenger sur le marché et nous avons encore besoin de faire mieux connaître nos modèles auprès du public chinois. »

Une croissance à l'international dont ne profiteront pas les salariés français, le tribunal de grande instance de Paris a débouté vendredi dernier les syndicats Sud et CGT qui demandaient la suspension du plan social. Ce lundi se tient l'ultime comité central d'entreprise qui va entériner le plan de restructuration avec la suppression de 11 000 postes en France ainsi que la fermeture de l'usine d'Aulnay.

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