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France / Enseignement

France: un projet de loi sur l’enseignement en anglais dans les universités fait débat

L'université Paris-Dauphine.
L'université Paris-Dauphine. Wikimedia Commons
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Ce mercredi 22 mai, commence à l'Assemblée nationale l'examen du projet de loi Fioraso, du nom de la ministre de l'Enseignement supérieur. Une réforme dont l'article 2 soulève depuis des semaines une vague de protestations car il permet la mise en place de cours donnés en langues étrangères, surtout en anglais. Pour Geneviève Fioraso, ce débat relève d'une « grande hypocrisie », qu'elle entend dénoncer pour mettre fin à l'inégalité de fait entre universités et grandes écoles. Mais aussi pour faire venir en France les étudiants étrangers.

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Les universités françaises attirant moins les étudiants étrangers qu'autrefois, Geneviève Fioraso s'est dit qu'il suffirait de dispenser plus de cours en anglais pour séduire les jeunes Chinois, les Indiens, les Sud-Coréens, par exemple, qui investissent de plus en plus les campus situés hors de leurs frontières.

D'autant que c'est un bon moyen aussi pour les universités de l'Hexagone d'attirer d'excellents professeurs, incapables de transmettre leurs connaissances dans la langue de Molière.

C'était sans compter sur l'hostilité de l'Académie française, de nombreux intellectuels, linguistes et militants actifs de la francophonie, certains étant issus d'ailleurs des rangs de la gauche. Ces derniers se sont empressés de mettre en avant les risques de disparition du français, déjà maltraité dans les instances internationales, et indissociable de l'identité nationale.

Classe politique divisée

Dans la classe politique aussi, les débats font rage et le passage du texte devant l’Assemblée en sera, à coup sûr, la démonstration.

A droite, la plupart des députés sont pour donner des cours en anglais, mais certains y sont farouchement opposés. C'est le cas du député UMP Jacques Myard. Il estime que l'anglais n'est plus une langue d'avenir : « Il faut apprendre le chinois, il faut apprendre l’espagnol. Il faut regarder le monde tel qu’il va être dans quelques années et cesser de regarder derrière. Vouloir privilégier l’anglais aujourd’hui est une faute stratégique. Le monde dans lequel nous sommes aujourd’hui, c’est la fin de comète de la domination des Anglo-Saxons ».

Chez les socialistes, une trentaine de députés demande purement et simplement la suppression de ce dispositif de la réforme de l'enseignement supérieur.

Moins de 1 % des cours

Pour calmer le jeu, Geneviève Fioraso rappelle donc, depuis plusieurs jours, que moins de 1 % des cours seront concernés et que les présidents d'universités sont les premiers à saluer sa réforme.

Et il est grand temps, selon elle, de mettre fin à tant d'hypocrisie. « Il y a 790 formations, toutes partiellement en anglais, et, sur ces 790 formations, 600 sont faites dans les écoles depuis plus d’une dizaine d’années, explique la ministre. Personne ne s’en est jamais offusqué. Et parce qu’on aborde le sujet à l’université, là où justement les jeunes viennent de milieux plus modestes souvent que dans les écoles, là tout le monde pousse des cris d'orfraie. »

La francophonie n'est jamais aussi forte, selon Geneviève Fioraso, que lorsqu'elle s'ouvre au monde au lieu de se replier sur elle-même.

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