France

14-Juillet: François Hollande tente de ranimer l’espoir d’une sortie de crise

François Hollande s'exprimait des jardins de l'Elysée, une entorse à l'une de ses promesses de campagne électorale.
François Hollande s'exprimait des jardins de l'Elysée, une entorse à l'une de ses promesses de campagne électorale. REUTERS/Philippe Wojazer

A l’occasion du traditionnel entretien télévisé du 14-Juillet, auquel il s'est finalement plié, le président de la République François Hollande s’est efforcé de redonner espoir aux Français. Dans un contexte empreint de pessimisme et marqué par sa persistante impopularité, le chef de l’Etat a affirmé que la reprise économique « est là ».

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Le cadre était solennel mais pas trop. Ce n'est pas dans les salons mais dans les jardins de l'Elysée que François Hollande a répondu aux questions de deux journalistes des principales chaînes de télévision françaises. L'intervention du chef de l’Etat a été marquée par une volonté de se projeter dans l'avenir, de préparer la France dans une perspective à dix ans avec un objectif évident, affiché et revendiqué : sortir le pays du pessimisme.

Il a d’ailleurs fait en sorte de donner une pointe d'espoir sur l'évolution de la situation économique. « La reprise, elle est là. Elle est là ! », a-t-il martelé. « Il y a une production industrielle qui repart. La consommation, elle, connaît une petite reprise. Les embauches commencent à progresser. »

« C’est très léger, a-t-il néanmoins concédé, mais il y a l’assurance que le second semestre sera déjà meilleur que le premier. Donc je ne vais pas attendre. Je vais favoriser l’investissement parce que pour qu’il y ait de la croissance, le premier principe c’est la confiance. »

Inverser la courbe du chômage

« Moi, je me bats, a insisté le chef de l’Etat. La politique ce n’est pas de la magie, ce n’est pas un tour de passe-passe. C’est une volonté, c’est une stratégie, c’est une cohérence ».

Une cohérence dans les propos et les objectifs, comme celui d'inverser la courbe du chômage d'ici la fin de l'année, encore réaffirmé. « Ce n’est pas un objectif, c’est un engagement et je serai jugé là-dessus ».

Réaliser le plus d'économie

François Hollande joue gros sur l'emploi, mais aussi sur le pouvoir d'achat et les hausses d'impôts. « Je ne ferai d’augmentations d’impôts que si elles sont absolument indispensables. »

En clair, les Français vont devoir mettre la main à la poche, notamment pour financer la réforme des retraites. « Tout le monde fera un effort et chacun pourra le comprendre. Si on veut régler ce problème durablement, ce ne sera pas d’un seul coup. »

Tout le monde fera un effort, et même les retraités. François Hollande a dit qu'il voulait combattre le pessimisme. Il va lui falloir faire preuve de beaucoup de persuasion.

Redonner confiance

Une intervention très politique et très délicate de François Hollande

Redonner confiance aux Français, c'était certainement la priorité de cette intervention du 14-Juillet pour le président de la République qui a assumé le fait d'avoir changé d'avis. Lui qui avait dit qu'il ne recevrait pas la presse à l'Elysée s'est ravisé et a compris que, le jour de la fête nationale, les Français attendent une intervention solennelle de leur président.

Pas d'exploitation des gaz de schiste

François Hollande a par ailleurs coupé court à la polémique lancée par les propos d'Arnaud Montebourg sur l'exploitation des gaz de schiste. Le président de la République a tenu à rassurer les écologistes.

Tant que je suis président, il n' y aura pas d’exploration du gaz de schiste en France.

François Hollande sur les gaz de schiste

Paris œuvre pour la libération des otages

François Hollande a en outre réaffirmé un principe : la France ne négocie pas avec les preneurs d'otages. Deux journalistes sont actuellement retenus en Syrie, ils sont vivants, assurent les autorités, tout est fait pour les libérer, eux et les autres otages français retenus au Sahel.

J’ai pris une position de principe sur les otages. C’est de faire tout pour les libérer mais ne pas parler pour compliquer une situation qui l’est déjà suffisamment.

François Hollande sur les otages français au Sahel et en Syrie

 

  • Laurence Rossignol, sénatrice et porte-parole du PS

« Le président de la République a en sa possession les indicateurs qui marquent effectivement une reprise d'un peu de croissance, un frémissement dans l'industrie et la perspective qu'il a pour la fin de l'année d'inverser la courbe du chômage. La droite a fait du pessimisme et de la catastrophe son fond de commerce. Elle n'accepte pas l'idée que la politique que mène François Hollande puisse réussir, donc elle essaye de faire passer le message inverse ». 

  • Valérie Debord, déléguée générale adjointe de l'UMP

« Je ne sais pas où vit François Hollande mais manifestement pas dans le même endroit que la majorité des Français parce que si pour lui, la reprise est là, ce n'est pas le cas pour la majorité des Français, pour la classe moyenne qui est pressurée d'impôts. (...) La reprise, elle n'est pas là. Elle est là en Europe, oui, mais elle n'est pas là en France. Et elle n'est pas là tout simplement parce qu'il n'a pas pris les bonnes mesures ».

  • François de Rugy, coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée nationale

« Le président de la République a dit : il faut être à nos côtés. Mais nous sommes tout prêts à être à ses côtés. (...) Nous sommes toujours prêts à discuter, à construire des propositions, nous n'y voyons pas en tout cas un appel à être au garde-à-vous, car si c'était le cas, les écologistes évidemment n'ont pas vocation à être au garde-à-vous derrière un président de la République ».

  • Florian Filippot, vice-président du Front national

« Lui et ses amis doivent être inquiets, même à l'UMP d'ailleurs, parce qu'ils voient bien que le Front national va prendre les places, va prendre les postes. Je crois que c'est ça le fond de son inquiétude (...) Le vote Front national est un vote d'adhésion et cela François Hollande ne le comprend pas parce qu'il est enfermé dans la caste "UMPS" ».

« J'ai trouvé que c'était pas au niveau, le 14-Juillet normalement c'est le rassemblement des Français, ce n'est pas le moment de montrer du doigt et de mettre à l'index un quart des Français. Puis ensuite, j'ai trouvé que les critiques sur le fond n'étaient pas au niveau. Quand il nous dit : ce serait d'une extrême gravité d'envisager le protectionisme... il y a plus de la moitié des pays dans le monde qui font du protectisme intelligent (...). Même chose sur l'immigration où il fait croire aux Français que nous ferions des distinctions entre les Français ».

 

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