France / Politique

François Hollande se pose en champion du volontarisme face aux journalistes

« La reprise, elle est là ! » avait déjà assuré François Hollande lors de son interview télévisée dans les jardins de l'Elysée, le 14 juillet 2013.
« La reprise, elle est là ! » avait déjà assuré François Hollande lors de son interview télévisée dans les jardins de l'Elysée, le 14 juillet 2013. REUTERS/Christian Hartmann

François Hollande a dîné ce jeudi soir 18 juillet, sans micro ni caméra, avec une centaine de journalistes à Paris. Un exercice médiatique inédit pour un président français. Le chef de l'Etat s'est posé en président « réformiste » qui veut « faire le récit de la France de demain. »  

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C’est un président très détendu qui s’est présenté aux journalistes ; il a « fait le show » comme on dit, micro en main debout devant sa table de dîner. François Hollande a certes répondu très sérieusement aux questions qui lui étaient posées mais il n'a pas manqué également de placer quelques plaisanteries, -c'est plus fort que lui - et il est très drôle, n'hésitant pas d'ailleurs à se moquer de lui-même, de sa cravate par exemple, toujours de travers.

« J'ai compris finalement, a t-il expliqué, que la tenue pour un président c'était important... j'apprends, il faut du temps, regardez Mitterrand au bout de 14 ans il était parfait ! » François Hollande plaisante également sur son surnom de « pépère » : ce n'est peut-être pas pire que « tonton », ironise-t-il en référence - là encore-, à l'ancien président. Un François Hollande en mode séduction face à une centaine de journalistes et alors que ses sondages de popularité restent en berne. Le président avait à coeur de séduire son auditoire pour mieux faire passer -bien sûr- ses messages politiques.

Un président « réformiste »

Un président « réformiste » qui veut faire « le récit de la France de demain », la France dans cinq ans ou dix ans, a-t-il précisé. C'est un cap lointain donc pour François Hollande qui a développé sa vision d'une France « plus souveraine », au dynamisme économique retrouvé, tout à la fois « écologique » et « solidaire ». Le président a d’ailleurs à nouveau fustigé le pessimisme des Français et réaffirmé que la crise de l'euro était « bel et bien terminée », et que le pays était désormais sorti de la récession. Un François Hollande optimiste et volontariste, au risque -diront certains- de la méthode Coué.

A la veille de son deuxième été à l'Elysée, le président mesure en tout cas les difficultés et son impopularité. « J'ai intégré, dit-il, qu’il n'y aura de rebond possible -en termes de popularité - que s'il y a un rebond de l'emploi ». Et l'inversion des courbes du chômage -j'y crois, a dit le Président, « je prends mon risque. - on verra bien ! »

La présidentielle de 2017

Le président estime qu'il est « beaucoup trop tôt pour en parler », et qu'il ne se préoccupe -d'ailleurs « absolument pas de ce qui se passe dans l'autre camp », autrement dit à l'UMP. Quant à son propre camp, « là, dit-il, il ne se passe rien. » Dans les ministres qui pourraient un jour songer à l'Elysée, François Hollande se garde bien d'évoquer Arnaud Montebourg, le trublion du gouvernement ; il évoque Manuel Valls ou encore Stéphane Le Foll. « Quant à la meilleure façon de se préparer, ajoute le président, c'est d'être loyal et d'être le meilleur à son poste. » Voilà tout le monde, les ambitieux en tout cas, prévenus !

Et les vacances ?

Le président est resté très mystérieux sur son lieu de villégiature cet été. Une quasi- certitude, ce ne sera pas au fort de Brégançon, comme l’an passé, un séjour
dont il ne garde pas le meilleur souvenir : trop de photographes, pas assez d'intimité pour se reposer. Brégançon c'est comme l'Elysée, dit François Hollande, on y est enfermé et moi j'ai besoin d'être libre. « Je vais donc essayer de trouver les conditions de ma liberté », a-t-il conclu, mais de toute façon il s'agira d'un été studieux. 

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