France

En Nouvelle-Calédonie, Jean-Marc Ayrault insiste sur la tenue d'un référendum d'ici 2018

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est exprimé devant le Congrès calédonien, vendredi 26 juillet 2013.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est exprimé devant le Congrès calédonien, vendredi 26 juillet 2013. AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault est arrivé en Nouvelle-Calédonie dans un contexte politique tendu : les élections provinciales, prévues pour 2014, doivent décider d’une partie de l’avenir du Territoire. Pour sa première journée, il est allé à la rencontre des élus calédoniens au Congrès, pour faire le point sur l'organisation d'un référendum sur l'indépendance d'ici 2018.

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Avec notre correspondant à Nouméa, Maxence Nicole

Les politiques calédoniens ont été rassurés par le discours de Jean-Marc Ayrault devant le Congrès, ce vendredi 26 juillet. En effet, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de respecter l’accord de Nouméa. Signé en 1998, cet accord doit amener les Calédoniens à choisir par voie de référendum entre l’indépendance ou le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France.

Jean-Marc Ayrault a rappelé la feuille de route : le transfert des compétences de l’Etat à la Nouvelle-Calédonie se poursuivra. Il a ensuite abordé ce choix que les Calédoniens doivent faire d'ici cinq ans. « Lorsque le Congrès décidera d’une date pour l’organisation d’un référendum, celui-ci sera organisé, a-t-il souligné. Si, en 2018, le Congrès ne s’est pas prononcé, l’Etat prendra ses responsabilités et remplira les obligations qui sont les siennes. Personne ne doit en douter. »

Une France « toujours fidèle à la Nouvelle-Calédonie »

Le discours a été apprécié par les membres du Congrès calédonien, qui ont fait une ovation a Jean-Marc Ayrault. Lors de cette première journée sur le territoire, le Premier ministre est resté consensuel et n'a pas pris de parti. Dans un autre discours, à la mairie de Nouméa cette fois, il a tout de même souhaité rappeler que « quoi qu’il en soit, la France restera toujours fidèle à la Nouvelle-Calédonie. » 

Pour sa deuxième journée sur l'île, Jean-Marc Ayrault doit rencontrer les partenaires sociaux dans un contexte économique particulier. Mardi 23 juillet, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a annoncé le gel des prix, jusqu'en décembre 2014. Les matières premières ainsi que certaines boissons alcoolisées ont été exclues de l'accord.  Ce dernier avait été conclu avec les syndicats, en mai dernier, après une grève générale contre la vie chère, car en Nouvelle-Calédonie les prix sont, en moyenne, 34% plus cher qu'en métropole.

Ce niveau est fortement lié à la fiscalité et à la situation minière. L'économie de l'île repose en effet pour beaucoup sur l'exploitation du nickel, dont la Nouvelle-Calédonie regorge puisqu'elle abrite à elle seule 25% des ressources mondiales. D'ailleurs ce sont les chantier de construction de deux usines géantes dans le nord et le sud qui ont porté l'économie du pays des années, jusqu'à récemment.

L'exploitation du nickel a marginalisé les autres secteurs comme l'agriculture ou l'industrie. Des inégalités que l'on retrouve également sur le marché de l'emploi où le taux de chômage est de 14%, contre 10,4% en métropole. Il existe également de gros problèmes de qualification et les différents secteurs d'activités sont déséquilibrés : 13% de la population active calédonienne travaille dans la construction, contre 7% en métropole, et 30% des Calédoniens travaillent dans les services. Maintenant que les usines ont été construites, l'économie doit impérativement se diversifier. 

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