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France / Politique

UMP: malgré la mobilisation, la somme à rembourser n'est pas encore atteinte

Le siège de l'UMP à Paris.
Le siège de l'UMP à Paris. AFP/Patrick Kovarik
6 mn

L’UMP a officiellement jusqu’à demain mercredi, le 31 juillet 2013, pour rembourser un prêt bancaire 10,6 millions d’euros. Une somme empruntée pour la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Le parti a lancé au début du mois une grande souscription après l’invalidation des comptes de campagne du candidat Sarkozy. Huit millions 300 000 euros ont été, à ce jour, récoltés. L’UMP ne parviendra donc pas à réunir l’ensemble de la somme d'ici demain. Les banques et en particulier la Société générale devraient donc lui accorder un délai supplémentaire jusqu’à la fin du mois de septembre.

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Ce report devrait être acté dans les prochaines heures. L’élément qui va permettre au parti d’obtenir ce délai, c’est l’argent récolté en l’espace de trois semaines. Cela serait de nature à rassurer les banques. « C’est une mobilisation absolument remarquable, explique Marie-Anne Montchamp, déléguée générale à l'UMP, qui va constituer un gage extrêmement important pour la solvabilisation de cette dette de 11 millions d’euros ».

L’UMP n’a pas bénéficié, à priori, de traitement de faveur. Différer la date de remboursement d’un prêt, cela n’a rien d’exceptionnel, les banques le font fréquemment. Tout dépend en fait de la relation qu’entretient l’entreprise avec ses banquiers prêteurs. Plus la dette est importante, plus la banque aura tendance à accepter un report. Car cette dernière aurait beaucoup à perdre si l’entreprise ne pouvait pas rembourser. Le fait qu’un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy - Frédéric Oudéa - soit à la tête d'une des banques prêteuses, la Société générale, n’aurait donc eu aucune incidence. « Le traitement aurait été le même si ça avait été le Parti socialiste », tient à préciser un syndicaliste de la banque.

Nicolas Sarkozy aurait pu donner plus que 7 500 euros

Depuis début juillet, l'UMP s’est donc mobilisé pour pouvoir rembourser ce prêt. Une grande souscription a été lancée. Sympathisants, militants, parlementaires, tout le monde a été mis à contribution. Plus de 80 euros, c’est la somme qu’auraient donnée en moyenne les 90 000 donateurs. La base du parti a donc mis la main à la poche, tout comme les dirigeants. Nicolas Sarkozy, qui est caution solidaire de ce prêt, a lui donné 7 500 euros, soit le maximum légal pour un particulier. Mais il aurait pu donner plus. « Rien ne lui interdit de faire d’autres dons de 7 500 euros à autant de micropartis politiques qu’il souhaite pour qu’ils soient ensuite reversés à l’UMP », précise Jean-Christophe Ménard, avocat spécialiste du droit des partis politiques. Ces petits partis qui gravitent autour de l'UMP sont nombreux. Certaines petites structures ont déjà participé à cette souscription. L'association « Les amis de Nicolas Sarkozy » a ainsi fait un chèque de 20 000 euros.

Les parlementaires ont également été sollicités, mais tout le monde n’a pas voulu donner. C'est notamment le cas du député Lionel Tardy, un proche de François Fillon. « Pour ma part, j’estime que tant que je n’ai pas plus de transparence sur les comptes en général de l’UMP, je n’ai pas à participer à titre personnel à ce type de souscription. Il y a soit des emplois, soit des marchés qui sont attribués où on souhaiterait qu’il y ait un peu plus de transparence ». Manque de transparence, opacité, voilà ce que dénoncent les fillonistes. Les tensions entre partisans de François Fillon et de Jean-François Copé ne sont donc pas retombées.

Dette de 44 millions

Car outre ce prêt à rembourser rapidement, l’UMP présente également une dette de 44 millions d'euros. Cela s'explique notamment par les mauvais résultats enregistrés l’an passé lors des législatives. Le parti a vu sa dotation publique diminuer de plus de 10 millions d’euros. Il est donc contraint aujourd’hui de se serrer la ceinture. Le contrat d’une cinquantaine de salariés n’a ainsi pas été renouvelé. L’UMP fait des économies à tous les étages. Finis les campus d’été organisés chaque année à la rentrée. Terminés les abonnements aux journaux papier. Le parti a également fait une croix sur les déplacements trop éloignés de Paris et sur les nuits à l’hôtel.

La journée parlementaire se tiendra sur une journée à l’Assemblée nationale en septembre et non pas sur deux jours dans le Var comme prévu initialement. Son entourage le répète avec insistance, Jean-François Copé a même changé la cylindrée de sa voiture, c’est pour dire… Cette cure d'austérité pourrait, paradoxalement, avoir un effet positif. « L’UMP va peut-être se raviser concernant le respect de la loi sur la parité, lance Jean-Christophe Ménard, avocat spécialiste du droit des partis politiques, il faut quand même savoir que cette année l’UMP a perdu 4 millions d’euros parce qu’il n’a pas respecté la loi sur la présentation des candidats de sexe masculin et de sexe féminin ».

Il y a 20 ans, le PS avait vécu la même situation

La crise financière que traverse l'UMP, le Parti socialiste l'a vécue en 1993. Cette année-là, le PS essuie un très lourd revers aux législatives. Il ne conserve en tout et pour tout que 52 députés. Le parti est alors contraint de sérieusement réduire la voilure. « Le Parti socialiste à l’époque a été obligé de contracter un emprunt et puis évidemment de mener une politique de rigueur financière, explique l’historien Alain Bergounioux, membre de la direction du PS, en 1994, il a même été envisagé de vendre le siège de la rue Solferino ». Le PS ne se séparera finalement pas de ce bâtiment emblématique.

A l'UMP, la question de vendre le siège ne se pose plus. Le débat a, semble-t-il, été tranché. Ce serait remettre en cause la stratégie décidée il y a plus de deux ans. En décembre 2011, le parti est devenu propriétaire de son siège, rue de Vaugirard. Pour l’acquérir, il a du emprunter à hauteur de 34 millions d'euros sur 14 ans.

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