France

De nombreux ministres à Marseille après un nouveau règlement de comptes

Un homme de 25 ans est mort criblé de balles lundi soir à Marseille, dans le quartier de l'Estaque. Il s'agit du 13e règlement de comptes mortel recensé dans la ville et sa région depuis début 2013.
Un homme de 25 ans est mort criblé de balles lundi soir à Marseille, dans le quartier de l'Estaque. Il s'agit du 13e règlement de comptes mortel recensé dans la ville et sa région depuis début 2013. REUTERS/Philippe Laurenson

Marseille a vécu ce lundi 19 août au soir un nouveau drame : un homme de 25 ans est mort criblé de balles au coeur du quartier de l'Estaque, très vraisemblablement victime d’un 13e règlement de comptes depuis le début de l’année dans la cité phocéenne. Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre, Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, mais également Christiane Taubira, ministre de la Justice, Cécile Duflot, ministre du Logement, Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et la Marseillaise, Marie-Arlette Carlotti, ministre du Handicap et de l'Exclusion se déplacent dans la cité phocéenne ce mardi après-midi.

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Les faits se sont déroulés au cœur du quartier très touristique de l'Estaque à Marseille, à proximité de l’espace Mistral, lieu de concerts et de loisirs. Au volant d’une Audi, le jeune homme a été pris pour cible par deux individus circulant à scooter.

En essayant de les fuir, il a perdu le contrôle de son véhicule pour s’encastrer dans un pylône. Après avoir réussi à s’extraire de la voiture, il a encore tenté d’échapper à la poursuite. Blessé, il s‘est écroulé par terre où il a été achevé de plusieurs balles par ses agresseurs.

Succession de faits divers

Selon la police, la victime avait déjà fait l’objet de deux tentatives d’assassinat. L’homme était connu pour vols et trafic de stupéfiants. Sa mort tragique intervient au lendemain d’une rixe mortelle près du Vieux-Port qui avait coûté la vie à un autre jeune homme, mais aussi peu après l’égorgement d’un étudiant en plein centre de la ville.

Face à cette succession de faits divers sanglants, treize règlements de comptes en huit mois, plusieurs élus de Marseille demandent de nouveaux renforts policiers et la mise en place de la zone de sécurité prioritaire sur l’ensemble de la ville.

La sénatrice socialiste de Marseille, Samia Ghali, invitée de RFI ce matin , réclame des « mesures concrètes » du gouvernement, un an après un comité interministériel consacré à la situation à Marseille dont il « n'est rien sorti », selon elle. « Les moyens qui sont mis en place ne sont pas suffisants. J'attends que la République apporte les réponses », a ajouté l'élue, qui avait plaidé l'an dernier pour l'intervention de l'armée dans les cités.

Moyens supplémentaires

Manuel Valls devrait annoncer des moyens supplémentaires pour la police. Annonce très attendue par les syndicats de police, car selon Nicolas Comte, du syndicat Unité police SCG-FO, « il faut reconquérir ces quartiers», même s'il paraît évident que les problèmes ne se règleront pas en deux mois de temps. 

Il faut une présence policière plus visible, selon ce même syndicat de police :

Nicolas Comte, syndicat Unité police SCG-FO

« Nous demandons un plan national, parce qu'il y a des problèmes à Marseille, mais il y en aussi dans d'autres villes un plan de recrutement de 2 000 policiers supplémentaires sur les trois ans qui viennent. Avec 300 policiers sur Marseille et sur cette même période, les choses devraient s'arranger », explique Nicolas Comte.

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