France / Education

France: une rentrée scolaire à deux vitesses

Le président Hollande a débloqué une aide, appelée «fonds d'amorçage», de 250 millions d'euros  pour aider les communes qui adoptent la réforme dès cette année.
Le président Hollande a débloqué une aide, appelée «fonds d'amorçage», de 250 millions d'euros pour aider les communes qui adoptent la réforme dès cette année. REUTERS/Charles Platiau

A partir de ce mardi 3 septembre, rentrée scolaire pour les enfants du primaire, près d'un écolier sur cinq aura classe le mercredi matin. Le but de la réforme de Vincent Peillon est d'alléger les journées d'école et de faire découvrir de nouvelles activités aux enfants. Le ministre de l'Education a parlé de «révolution douce». Cette réforme concerne quelque 4000 communes en France mais tant sur la question des emplois du temps que sur l'offre des activités périscolaires, la diversité prévaut dans la mise en œuvre de la réforme. 

Publicité

La réforme instaure de fait une grande pluralité d’abord sur la question des emplois du temps, – chaque commune était libre de s'organiser comme elle le voulait mais elle devait intégrer dans la semaines trois heures d'activités périscolaires. Le schéma le plus fréquent c'est une fin de la classe à 15 h 45 sur les quatre jours. Dans certaines écoles, la cloche sonnera à 15 h 30 ; d'autres ont choisi d'allonger la pause déjeuner.

Sur l’offre des activités, on est face là encore à une grande diversité qui rime parfois avec inégalités. Alors qu'à Paris, les 137 000 écoliers ploient sous l'offre – 7 700 ateliers proposés, dans 662 écoles –, d'autres enfants devront se contenter de peu.

Tout n'est pas simple pour autant dans les grandes villes. Par exemple à Caen, en Normandie, les écoliers quitteront à 16 heures mais les ateliers ou le sport ne commenceront qu'à 16 h 30, il y aura d'abord une récréation.

Fabienne Douls est professeur des écoles, elle s'interroge sur la pertinence des horaires des activités périscolaires. « Les activités ne seront plus complémentaires à la classe comme le voulait la réforme, elles vont être décrochées de la classe. Je suis inquiète car les enfants vont avoir des temps morcelés. Ca va engendrer de l’énervement, après une demie heure de récréation, les élèves ne seront pas disponibles pour faire autre chose ».

Aide du gouvernement pour les petites agglomérations

Les petites communes n’auront pas toujours les moyens et les infrastructures pour proposer des activités intéressantes. Le gouvernement va donc aider celles qui acceptent d'appliquer la réforme dès cette rentrée à hauteur de 50 euros par an et par enfant. Mais si les communes sont pauvres, elles seront limitées dans l'offre.

Sophie est la maman de deux enfants, elle habite un tout petit village, Laubresselle dans l'Aube. Elle témoigne : «à la campagne, c’est difficile de mettre en place des choses, si il n’y a pas de gymnase, on ne peut pas organiser d’activités sportives. Chez nous, il n’y aura rien ».

Dans la bourgade d’Aquini dans l’Eure, qui compte 1500 habitants et ne possède qu’un gymnase, David Haniel est le  responsable du club de tennis. Il cherche des solutions pour pallier l'insuffisance de locaux : « les créneaux qui conviendraient aux enfants ne sont pas disponibles ; ils sont pris par les clubs sportifs, basket, handball…ça nous pose des soucis d’organisation ».

Pas de modèle unique non plus dans le recrutement des encadrants. Tandis que les grandes villes peuvent puiser dans le vivier associatif à leur disposition, à l'instar de Paris qui travaillera, entre autres, avec plus de 800 associations, certaines communes rurales se sentent délaissées. «Quand on veut animer un atelier pointu, initiation à la photographie par exemple, on ne peut pas se passer des association or elles ont un tarif élevé... Sans ville étudiante à proximité, il est plus difficile de trouver des animateurs», ajoute David Haniel.

Des retraités à la rescousse

Certains villages ne proposeront que de la garderie et devront s'appuyer sur des bénévoles, pour animer les ateliers. Simone Doré est retraitée. Elle proposera des cours de cuisine aux enfants à Commes dans le calvados. « Le contact avec les petits va nous rajeunir, moi je leur proposerai des recettes de petits desserts facile à réaliser ; nous les retraités, nous avons des petits enfants alors le fait de s’occuper des écoliers, ça n’est pas insurmontable » explique-t-elle.

Gratuité des activités ?

Le ministre de l’Education Vincent Peillon souhaite vivement que les activités soient gratuites mais il ne peut pas l'imposer aux communes. Selon les villes, soit ce sera gratuit soit les tarifs seront alignés en fonction du revenu des familles. Le Le coût variera de 10 à 90 centimes d'euro de l'heure pour les ateliers.

Si le gouvernement ne prolonge pas ses aides au-delà de 2013 les petites communes seront en difficulté. Vincent Peillon a bien conscience de ces déséquilibres entre les communes, mais pour lui l'essentiel est d'en finir avec la semaine de quatre jours qui est source d'échec.

L'école le mercredi matin est donc un premier pas, il admet que des ajustements seront nécessaires.

Coup de pouce du gouvernement aux petites communes

250 millions d'euros, constituant un «fonds d'amorçage» serviront à aider les communes qui franchissent le pas dès 2013. Elles perçoivent 50 euros par élève, 90 euros dans les zones en difficulté. S'y ajoute une prestation versée par les caisses d'allocations familiales, de 53 euros par an et par enfant. Le taux d'encadrement est d'un animateur pour 14 enfants en maternelle et d'un pour 18 en école élémentaire.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail