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France

France: à droite comme à gauche, la crainte d’un Front national fort

Marine Le Pen au Parlement européen, le 2 juillet 2013.
Marine Le Pen au Parlement européen, le 2 juillet 2013. REUTERS/Vincent Kessler
5 mn

Le Front national fait sa rentrée ce samedi à Marseille. C’est sa traditionnelle université d’été, qui se tiendra sur deux jours. Sa présidente, Marine Le Pen, prononcera un discours dimanche après-midi. À six mois des élections municipales, le parti d’extrême-droite fait de plus en plus figure d’épouvantail. Il ne cesse de progresser dans les intentions de vote.

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Depuis plusieurs mois, les bons sondages s’accumulent pour le Front national. Dernière enquête en date, celle de l’institut CSA pour Le Figaro où le parti est crédité de 16 % d’intentions de vote aux élections municipales. Un chiffre en augmentation de quatre points par rapport à mars dernier.

Le FN progresse alors que les partis de gauche et de droite perdent des points. Une enquête à mettre en parallèle avec cette autre étude de l’IFOP, parue jeudi : 34 % des sondés, soit un Français sur 3, se disent proches des idées défendues par Marine Le Pen.

Une statistique là aussi en augmentation, qui pousse Jérôme Fourquet, le directeur du département opinion de l’Ifop, à parler de « lepénisation des esprits », car ils sont de plus en plus nombreux à adhérer sur le fond à l’idéologie du FN. Et ça, c’est un changement radical.

Changement(s) de stratégie(s) au FN

Un changement dû sans doute à la stratégie de conquête mise en place par Marine Le Pen. La dédiabolisation semble porter ses fruits. Le parti veut désormais apparaître respectable : exit donc les éléments les plus radicaux. Car à terme, le Front national s’est fixé un nouvel objectif, celui de parvenir au pouvoir. Un objectif que n'a jamais réellement poursuivi Jean-Marie Le Pen.

Le pouvoir, le parti souhaite dans un premier temps l’exercer localement. Ce qui pourrait être un tremplin pour la suite, explique-t-on dans l'entourage de Marine Le Pen. Du coup, le parti d’extrême-droite veut gagner des villes lors des prochaines municipales et veut montrer qu’il est capable de gérer une collectivité.

Voilà pourquoi il recherche activement des cadres A de la fonction publique, ces rouages essentiels au sein d'une municipalité. Mettre l'accent sur les élections locales, c’est là un autre changement de stratégie. Jean-Marie Le Pen n’accordait que peu d’intérêt à ce genre de scrutin. Il craignait surtout que certains élus ne lui fassent à terme de l'ombre.

L’étonnante sortie de François Fillon

Ces bons sondages inquiètent fortement à droite. L’UMP ne sait pas trop comment s’opposer à la montée du Front national. Le problème ne date pas d'aujourd'hui. Pour tenter de le contrer, Nicolas Sarkozy par le passé, puis Jean-François Copé aujourd'hui, ont choisi de durcir leur discours sur les questions de sécurité et d'immigration.

Une stratégie combattue pendant un temps par François Fillon. Mais ce dernier a semble-t-il évolué sur le sujet. Ses soutiens tapent de plus en plus fort sur Christiane Taubira, par exemple, et sur sa réforme pénale. La dernière sortie de François Fillon prouve bien qu'il a changé de point de vue vis à vis du Front national. La semaine dernière, il a déclaré qu'en cas de second tour aux municipales entre un candidat socialiste et un candidat frontiste, il voterait pour le moins sectaire des deux.

Et le moins sectaire, ce pourrait être, dans certains cas, le candidat du FN, a-t-il dit. Une sortie qui a provoqué un tollé, mais qui montre bien la crainte que suscite l'avancée du parti d’extrême-droite. Le FN séduit de plus en plus l'électorat de droite : 38 % des sympathisants UMP se disent aujourd'hui proches des idées de Marine Le Pen.

Peur au gouvernement et à gauche

Ministres et parlementaires ne cessent d'alerter l’exécutif sur la progression du parti d'extrême-droite. Avec l'augmentation des impôts et la hausse du chômage, la majorité craint le vote sanction lors des prochains scrutins. Mais ce qui inquiète surtout à gauche, c'est l'adhésion grandissante aux idées lepénistes. Que faire alors pour parvenir à les contrer ? Envoyer un signal fort aux classes populaires et venir en aide aux classes moyennes, propose-t-on à la gauche du PS. Plus que les municipales à venir, c'est surtout les élections européennes de mai prochain puis les régionales et cantonales de 2015 qui donnent des sueurs froides à l'exécutif.

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