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France: victoire du Front national à Brignoles avec 53,9% des voix

Le candidat du Front national, Laurent Lopez, le 13 octobre 2013.
Le candidat du Front national, Laurent Lopez, le 13 octobre 2013. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Laurent Lopez, candidat du Front national, a remporté ce dimanche 13 octobre l'élection cantonale partielle de Brignoles (Var) avec 53,9% des voix, un scrutin-test très attendu des états-majors politiques avant les municipales de mars. 

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Laurent Lopez a recueilli au second tour 5 031 voix, contre 4 301 pour son adversaire UMP Catherine Delzers (46,1%), selon la préfecture du Var. Après un 1er tour marqué par une très forte abstention, les électeurs se sont plus fortement mobilisés dimanche.

Le taux de participation a atteint 47,47% (selon les chiffres définitifs communiqués par la préfecture), en hausse de 14 points par rapport au 6 octobre, où seulement 33,40% des électeurs du canton s'étaient rendus aux urnes.

Le FN uni autour de son candidat

« Je pense à mes électeurs, à tous ces bannis, à ce peuple modeste », a réagi le nouvel élu, depuis le Hall des expositions de Brignoles où étaient centralisés les résultats. De fait, le FN et son candidat avaient beaucoup misé sur ce scrutin. Durant toute la campagne, Laurent Lopez ne s'est jamais déplacé sans son équipe : sa femme, sa suppléante, les cadres locaux du parti...

Marine Le Pen en personne est passée dans le canton avant le premier tour. Car Brignoles est pour le mouvement nationaliste et sa présidente un symbole, l'un de ces territoires dont le Front veut faire sa base électorale : une ville ouvrière en déclin depuis des années, et des habitants qui se sentent abandonnés.

Des militants frontistes étaient venus de tout le département du Var pour l'annonce des résultats. La nièce de Marine Le Pen, la députée FN Marion Maréchal-Le Pen, était présente également.

⇒A (RE)LIRE : France: à droite comme à gauche, la crainte d’un Front national fort

Réaction nationale à l'UMP

Peu avant l'annonce de la victoire, alors que le score montrait une avance du FN dans cinq communes du canton, et de nombreux bureaux à Brignoles, la présidente du parti, Marine Le Pen, avait déjà salué la réussite de son candidat.

De son côté, la candidate de l'UMP Catherine Delzers a également reconnu sa défaite très tôt. Une défaite due au contexte national à ses yeux. Selon elle, sa candidature a fait les frais d'un vote sanction. Mais cette novice en politique a aussi pointé du doigt la responsabilité de l'état-major de son parti. De toute la campagne, aucun ténor de l'UMP ne s'est déplacé pour la soutenir.

2014, année à haut risque pour le PS

Eliminée dès le premier tour, la gauche avait lancé un appel au « front républicain » pour « faire barrage » au candidat FN arrivé en tête le 6 octobre avec 40,4% des suffrages, et soutenir Catherine Delzers (20,8% des voix). Manifestement, l'appel n'a pas suffi.

Réactions nationales croisées

Mais à croire François Hollande, ce résultat ne doit pas être surinterprété. Des avertissements, disait-il la semaine dernière, le gouvernement en reçoit tous les jours. Le président est convaincu que sa ligne politique est la seule qui vaille pour lutter durablement contre le Front national. Comprendre : sa politique économique, la lutte contre le chômage.

En privé, le chef de l'Etat concède volontiers que les lendemains qui chantent ne sont pas pour tout de suite. A ses yeux, ils ne seront sans doute pas arrivés avant la deuxième partie du quinquennat. Mais entre-temps, il y a deux scrutins : les municipales et les européennes. Et pour le Front national, cette victoire en annonce beaucoup d'autres.

Bien sûr qu'un tabou est tombé! Ca va nous ouvrir des boulevards. Les gens ont compris que la gauche et la droite sont des menteurs. Ils promettent des choses qui ne tiennent pas

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