France

France: l'expulsion d'une jeune fille rom ébranle la majorité

Manuel Valls, à l'Assemblée nationale, à Paris, le 16 avril 2013.  Le premier flic de France est un récidiviste des propos qui choquent.
Manuel Valls, à l'Assemblée nationale, à Paris, le 16 avril 2013. Le premier flic de France est un récidiviste des propos qui choquent. REUTERS/Charles Platiau

L'expulsion controversée au Kosovo d'une collégienne rom, Leonarda, 15 ans, a mis le feu à la majorité et contraint, hier, mercredi 16 octobre, le Premier ministre à envisager le retour en France de la jeune fille et de sa famille si - après enquête - on s'apercevait qu'il y avait eu faute. Pour Jean-Marc Ayrault il était urgent de tenter de circonscrire l'incendie qui embrase la gauche.

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Ce qui nous a choqué c'est que cette interpellation se fasse dans le cadre scolaire.

Une enseignante

Cela fait déjà plusieurs heures, mercredi 16 octobre, qu'au parti socialiste, à Europe Ecologie- Les Verts, au Front de gauche, on est en pleine crise de nerfs. Il est 15 h, Jean-Marc Ayrault sort de son silence. Debout, à la tribune de l'Assemblée nationale, le chef du gouvernement s'engage : « S'il y a eu faute, l'arrêté de reconduite à la frontière sera annulé et l'adolescente et sa famille reviendront en France ».

Cette promesse fait redescendre la pression. Il ne s'agit plus maintenant de cibler Manuel Valls. Les députés pointent du doigt la responsabilité du préfet. Et pourtant, c'est bien le ministre de l'Intérieur qui a été ciblé, mercredi, pendant plusieurs heures, y compris dans son propre gouvernement. Le ministre de l'Education Vincent Peillon a, par exemple, demandé dans la cour de l'Elysée que l'école soit sanctuarisée.

Un récidiviste des propos qui fâchent

Et si la réaction dans la majorité a été aussi violente, c'est parce que la rancoeur contre
le ministre, « chouchou » des sondages, ne demandait qu'à s'exprimer. Le premier flic de France est aussi un récidiviste des propos qui choquent dans son camp. Il y a trois semaines, on se rappelle que Manuel Valls avait mis en doute la capacité des personnes roms à s'intégrer sans avoir été vraiment repris.

Epargner Manuel Valls, c'est aussi un peu ménager son propre avenir. On ne se fâche pas avec un homme aussi populaire et sans doute promis à un avenir à Matignon. Mais, cette fois ci, terminés les profils bas. Cette expulsion touche pour beaucoup d'élus de l'actuelle majorité au coeur du logiciel de la gauche. Désormais, au PS, on attend un arbitrage du président, un François Hollande affaibli par une impopularité record et qui cherche à éviter le débat qu'il sait si sensible dans son camp : la politique d'immigration.

La droite ne s'y est pas trompée et souffle sur les braises. Pour le président de l'UMP, Jean-François Copé, « il est urgent que le président de la République assume ses responsabilités et tranche ».


Déboutée. La famille de Leonarda, déboutée de ses demandes de droit d'asile était sous le coup d'une obligation de quitter la France. Le père, d'après l'AFP, avait été interpellé à Mulhouse et déjà expulsé le 8 octobre. Le reste de la famille étant assigné à résidence à Levier dans le Doubs.  Pour Gérard Guinot, le porte-parole d'un comité de soutien aux sans-papiers du secteur de Pontarlier et interrogé par l'agence française, la famille s'attendait à être renvoyée au Kosovo depuis une quinzaine de jours. 

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