France

Procès Baby Loup: passe d’armes entre défenseurs de la laïcité et partisans de la liberté religieuse

La crèche Baby Loup. Image tirée d'une vidéo d'archive datant du 20 juin 2008 de France 24.
La crèche Baby Loup. Image tirée d'une vidéo d'archive datant du 20 juin 2008 de France 24. France 24

L'employée d'une crèche privée en France peut-elle porter le voile ? La cour d'appel de Paris a rejugé ce jeudi 17 octobre, sur le fond, l'affaire de la crèche Baby Loup de Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines. En 2008, Fatima Afif avait été licenciée pour avoir refusé d'enlever son foulard comme le lui demandait la directrice de la crèche, en invoquant la « neutralité philosophique, politique et confessionnelle » inscrite au règlement intérieur. Le 19 mars, la Cour de cassation avait donné raison à la salariée voilée, ce qui avait soulevé l'indignation des défenseurs de la laïcité. Ce jeudi 17 octobre au matin, le procureur de la République a demandé aux magistrats de ne pas suivre la décision de la plus haute juridiction de l'Etat.

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Avec notre envoyé spécial à la cour d’appel de Paris, Franck Alexandre

« Elle a déjà gagné, Fatima Afif », martèle Richard Malka, l’avocat de la crèche Baby Loup. « Elle a gagné sa guerre, poursuit-il, car désormais le rapport de force est en faveur du communautarisme ». Et l’avocat d’expliquer que la décision de la Cour de cassation a galvanisé les revendications. « Ainsi, explique-t-il, à la crèche Baby Lou, certains parents exigent le retrait d’assiettes sur lesquelles figure un petit cochon rose, car cela choque leur conviction religieuse ».

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De l’autre côté de la barre, la salariée, licenciée pour avoir porté le voile, le défie du regard mais Richard Malka insiste : « La République vacille, on vous demandera de céder toujours un peu plus ». Et de conclure : « Je ne vois pas où il pourrait y avoir plus grande nécessité de neutralité que dans une crèche ».

Le procureur général François Falletti défend la même ligne : « Oui, le licenciement était justifié », et il prend le contre-pied de la Cour de cassation, affirmant que l’employeur a bien la possibilité de faire respecter la neutralité religieuse.

La cour d’appel, réunie en audience solennelle, va donc devoir fixer la règle et peut-être ainsi entrer en résistance face à la plus haute juridiction française. Elle rendra sa décision le 27 novembre. 

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