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France

France: les policiers dans la rue contre le budget 2014

Manifestation des policiers devant l'Assemblée nationale à Paris, le 13 novembre 2013.
Manifestation des policiers devant l'Assemblée nationale à Paris, le 13 novembre 2013. REUTERS/Christian Hartmann
Texte par : Véronique Moreau
3 mn

12,2 milliards d'euros, ce n'est pas assez ! Les policiers sont en colère contre le projet de budget 2014 et ils entendent bien le faire savoir. Après plusieurs rassemblements autour d'Unité SGP-FO, cette fois-ci, c'est à l'appel du syndicat Alliance, classé à droite, et qui représente 38% des voix, qu'ils se sont donné rendez-vous cet après-midi aux abords de l'Assemblée nationale.

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En fait, deux mesures très concrètes restent en travers de la gorge des policiers. La première, c'est le report de neuf mois du paiement de la catégorie B pour les gradés et les gardiens de la paix. Dans un contexte général déjà tendu, où le point d'indice est gelé depuis trois ans pour les fonctionnaires et où les heures supplémentaires s'accumulent sans êtres payées, ce report ne passe pas.

La seconde mesure, c'est la réduction partielle de l'ISSP, ou indemnité de sujétion spéciale de police. Cette indemnité existe depuis une dizaine d'années, elle a été intégrée dans le calcul de retraite des agents, et elle compte beaucoup pour les policiers. Or, le ministère de l'Intérieur envisage de la diminuer pour les élèves policiers et gendarmes, ce qui priverait ces derniers d'environ 150 à 200 euros par mois, alors que ce sont déjà les moins payés. En revanche, l'Etat espère bien réaliser par ce biais une économie de 12 millions d'euros. C'est en fait la véritable goutte d'eau qui a fait déborder le vase ! Le ras-le-bol s'est ensuite rapidement propagé et il s'est manifesté par des actions très visibles depuis le mois de septembre.

On travaille dans des conditions vraiment inacceptables...

Témoignage d'Anthony, 38 ans, policier depuis quinze ans.

Tout a commencé en effet par une grève des PV, décrétée fin septembre, et qui court encore plus ou moins. Ensuite, le syndicat Alliance a donné consigne à ses troupes de « cesser le travail d'initiative ». En clair, cela veut dire de lever le pied sur tout ce qui n'est pas demandé expressément par un magistrat. Cela englobe donc aussi bien les constats d'infractions sur la voie publique que les compte-rendus d'enquête. L'idée était de gripper la machine de l'intérieur jusqu'à ce que Manuel Valls prenne conscience de l'ampleur des dégâts. Mais cela n'a pas fonctionné. Le ministre persiste et signe : il a débloqué des fonds en urgence, 121 millions d'euros, pour le fonctionnement courant des forces de l'ordre. C'est tout. Sur le fond, il ne veut rien lâcher.

Un malaise des policiers profond et ancien

Effectivement, les deux mesures qui mobilisent aujourd'hui les policiers s'inscrivent en réalité dans un contexte général très dégradé depuis plusieurs années. Le moral est au plus bas, les policiers s'estiment mal aimés, déconsidérés dans la société. Ils ont très mal vécu les tentatives de mettre en place des contrôles d'identité avec récépissé par exemple. Ils acceptent mal le discours de Manuels Valls sur le nouveau code de déontologie, le port du matricule.

Sur un plan matériel, ils travaillent souvent dans des conditions matérielles déplorables : sans pneus neige à Grenoble, sans 4X4 à Chamonix, avec des rats dans les sanitaires à Boulogne-Billancourt. L'heure est tellement aux économies de bouts de chandelles que tout est rationné : du papier pour les photocopieuses à l'essence pour les véhicules. Bref, les policiers sont tout simplement à bout.

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