France

France : un plan de lutte contre les violences faites aux femmes

Une femme battue dissimule ses plaies par du maquillage.
Une femme battue dissimule ses plaies par du maquillage. Renee Keith/Getty

La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a présenté vendredi 22 novembre, un nouveau plan de lutte contre les violences faites aux femmes. Ce plan, triennal et interministériel, se donne pour objectif de ne laisser aucune violence déclarée sans réponse pénale, sanitaire et sociale.

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Les chiffres sont alarmants. Tous les deux jours et demi, une femme meurt en France sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint. Et une femme sur dix est victime de violences conjugales. Selon la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, le sujet reste encore tabou.

« Au fond, alors qu'on accepte pas que dans la rue une femme se fasse voler son sac et donner un coup de poing, quand c'est derrière la porte d'un appartement, on se dit c'est moins grave. Or, c'est à certains égards même plus grave, parce que le foyer normalement, c'est le lieu où vous êtes le plus protégé. Ces femmes, il faut tout faire pour les protéger. »

Le nouveau plan qui vise à protéger ces femmes se veut ambitieux. Doté de 66 millions d’euros, il doit permettre de créer 1 650 places d’hébergement d’urgence et de recruter 350 intervenants sociaux en commissariats.

« La priorité, c'est qu'aucune violence déclarée ne reste sans réponse, a encore indiqué la ministre. Concrètement, cela signifie que dès qu'une femme a parlé, qu'elle a déposé une plainte ou une simple main courante dans un commissariat, il y a un suivi derrière. Cela veut dire aussi apporter des soins physiques et psychologiques à la femme victime de violence. Le traumatisme causé doit être pris en charge. Cela signifie enfin qu'il faut mettre en branle toute la machine pour qu'aussitôt que la femme a tiré la sonnette d'alarme, on lui propose des prestations sociales si elle est complètement à la rue économiquement. »

« Ce qui est très intéressant dans ce plan, c'est le parcours, se satisfait Ernestine Ronai, coordonatrice nationale de la lutte contre les violences envers les femmes. La dame porte plainte, on va s'occuper d'elle. Si le policier pense qu'elle est en très grand danger, elle pourra bénéficier d'un téléphone portable que le procureur lui remettra. Elle pourra bénéficier d'un hébergement d'urgence. On est dans une chaîne. »

Le nouveau plan prévoit aussi d’améliorer le recueil des preuves en cas de viol.

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