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FRANCE

Loi sur la famille: machine arrière du gouvernement

Lundi 3 février 2014, dans un communiqué, le gouvernement Ayrault annonce le report du projet de loi sur la famille.
Lundi 3 février 2014, dans un communiqué, le gouvernement Ayrault annonce le report du projet de loi sur la famille. REUTERS/Philippe Wojazer

Au lendemain du succès de la « Manif pour tous », le gouvernement a décidé de reporter sine die la loi sur la famille qui aurait dû être examinée en avril prochain au Parlement. Une décision vivement dénoncée à gauche où ils sont nombreux à évoquer « une reculade ».

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C’est assurément l’une des raisons de ce recul du gouvernement : la forte mobilisation des opposants le week-end dernier - au moins 100 000 personnes - a ravivé le spectre du printemps 2013 avec ces manifestations géantes contre le mariage gay.

 ► A (RE)ECOUTER : Reportage dans la «Manif pour tous»

Hors de question de prendre un tel risque à sept semaines du premier tour des élections municipales : le président a donc choisi l'apaisement en retirant le projet de loi, manière également de mettre fin aux divisions au sein de la majorité où la question de la procréation médicalement assistée (PMA), reste un véritable sujet de friction.

La preuve encore hier avec ce bras de fer entre le ministre de l’Intérieur Manuel Valls et le chef de file des députés socialistes Bruno Le Roux : le premier avait annoncé que la PMA et la gestation pour autrui (GPA) ne seraient pas dans le projet de loi sur la famille et que le gouvernement s'opposerait à tous amendements allant dans le sens contraire, provoquant la colère du second.

« Trahison »

Au terme d’une journée de cafouillages, le président Hollande a donc tranché et rappelé la seule priorité qui vaille: la lutte contre le chômage. Un report qui a ravi les anti-mariage gay mais désespère toute une partie de la gauche.

Les écologistes, par exemple, n’ont pas caché leur colère, avec des mots très durs : « pantalonnade », « renoncement consternant ». « Une trahison », a même lâché le député Noel Mamère à l’unisson avec le leader du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon. Colère également côté socialiste. Pour le sénateur Jean-Pierre Michel, ce report sonne tout simplement « le glas de la loi sur la famille ». Il regrette ainsi que « le gouvernement recule « devant une poignée de réactionnaires ».

La loi sur la famille est reportée au plus tôt à 2015. Est-elle alors véritablement enterrée ? C’est en tout cas ce que réclame le patron de l’opposition Jean-François Copé. Pour l’heure, une seule certitude : la séance des questions au gouvernement ce mardi après-midi à l’Assemblée nationale risque d’être pour le moins agitée.


 ■ LES REACTIONS AU MICRO DE RFI

Thierry Mandon (PS) : « On est un peu surpris par la rapidité »

« On est un peu surpris par la rapidité de cette décision sur un texte qu’on attendait, mais que par ailleurs nous n’avions nulle intention d’amender en quoi que ce soit, sur quelque domaine que ce soit, tient à préciser le porte-parole du groupe PS à l'Assemblée. Je crois que le gouvernement n’avait pas envie d’ouvrir des débats qui distraient de la priorité emploi et économique qui est la sienne depuis le début de l’année. [...] Ce texte sur la famille, on le retrouvera à un moment où l’on pourra discuter de manière plus apaisée de ce sujet. »

Sergio Coronado (EELV) : « C’est une pantalonnade »

« Ce n’est plus une reculade, c’est une pantalonnade à laquelle on a à faire face, s'emporte le député d'Europe Ecologie-Les Verts. C’est une erreur majeure de considérer qu’en reculant de cette façon, on essoufflera ou on contribuera à démobiliser celles et ceux qui battent le pavé depuis plus d’un an en France. Cette droite coalisée qui, en France et à l’échelle européenne aujourd’hui, tente de revenir sur les droits acquis, les droits à l’IVG, l’égalité homme-femme, les droits des minorités sexuelles, doivent se sentir légitimer dans leur combat. Je crois que le gouvernement fait une erreur. [...] La France ne ressemble pas aux manifestants de ce dimanche.

Hervé Mariton (UMP) : « C’est toujours cela »

« Force est de constater que la majorité est divisée et que le gouvernement, sous la pression des nombreux Français qui ne veulent pas de PMA ou de GPA, s’engage au moins à court terme à ne pas les mettre en place. [...] Les ministres eux-mêmes passent d’une position à une autre. Manuel Valls a soutenu la GPA et aujourd’hui ne la soutient plus. Madame Bertinotti [Ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la santé, ndlr] s’exprime avec des restrictions de pensées et Monsieur Valls corrige. [...] Le gouvernement remballe ce projet, c’est toujours cela. Mais évidemment, on ne peut pas se contenter de cette manière de faire. »

Benoît Camurat (Sens commun) : « C'est une bonne nouvelle »

« D’abord cette décision montre qu’il n’y a pas de fatalité, se réjouit le secrétaire général de Sens commun, association politique créée par d'anciens militants de la « Manif pour tous ». Elle montre à tous les gens qui se sont engagés depuis plusieurs mois – je pense aux aux Veilleurs debout, à toute cette foule silencieuse - qu’un gouvernement peut revenir sur ses décisions. C’est une bonne nouvelle. Néanmoins, Sens commun croit qu’il faut rester très attentifs parce que le gouvernement a dit qu’il ne déposerait pas ce projet de loi sur la famille en 2014, [mais] on espère que ce ne sera pas le cas en 2015. »

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