Accéder au contenu principal
France

France: quatre résistants entrent au Panthéon, dont deux femmes

La résistante Germaine Tillion, le 12 mai 2004 à Paris, après avoir reçu les insignes de Commandeur de l'Ordre du Mérite de la République fédérale allemande.
La résistante Germaine Tillion, le 12 mai 2004 à Paris, après avoir reçu les insignes de Commandeur de l'Ordre du Mérite de la République fédérale allemande. AFP PHOTO / STEPHANE DE SAKUTIN
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Le président français François Hollande était ce vendredi matin au Mont-Valérien, près de Paris, où furent assassinés pendant l'Occupation un millier de résistants, dont le groupe Manouchian le 21 février 1944. Le chef de l'Etat a dévoilé le nom de quatre personnalités qui feront leur entrée au Panthéon. La figure féminine de la Résistance Germaine Tillion, décédée en 2008, fait partie de ces grands hommes et femmes qui ont marqué l'Histoire de France. C'est donc bien la Résistance que François Hollande veut honorer, pour le 70eme anniversaire de la Libération de la France.

Publicité

Reportage au Mont-Valérien

Quand on est au pied du Panthéon, en plein coeur du Quartier latin à Paris, et qu'on lève les yeux sur le fronton, on peut lire l'inscription en lettres d'or « Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante ». Cette inscription date de 1837.

Le Panthéon est un haut lieu de mémoire nationale et collective où sont inhumées des grandes figures de l'Histoire de France. Alexandre Dumas, Victor Hugo, André Malraux, Emile Zola, Mirabeau et Jean Moulin - un des seuls résistants - sont quelques-unes des illustres personnages de l'Histoire de France qui y sont inhumées. 

Soixante-quatorze personnalités y reposent actuellement : des hommes politiques, des militaires, des scientifiques, des écrivains. Tous ont un point commun : avoir oeuvré d'une manière ou d'une autre pour la République. Une appréciation qui dépend de l'Elysée, après proposition du Premier ministre et du ministère de la Culture. La nationalité française et l'accord de la famille sont aujourd'hui les seules conditions indispensables à l'entrée au Panthéon.

Mais jusque-là deux femmes seulement ont fait leur entrée au Panthéon : Marie Curie, prix Nobel de physique - dont les cendres furent transférées au Panthéon en 1995, grâce à François Mitterrand - et la scientifique Sophie Berthelot, la première femme à avoir les restes déposés au Panthéon, à côté de ceux de son mari le chimiste et homme politique Marcellin Berthelot.

Germaine Tillion et Geneviève De Gaulle-Anthonioz, des rescapées de Ravensbrück

Après de longs mois de réflexion, l'Élysée a tranché, quatre nouveaux pensionnaires doivent entrer au Panthéon : Germaine Tillion, Geneviève Anthonioz De Gaulle, Pierre Brossolette et Jean Zay. La Résistance se trouve ainsi honorée. On peut presque parler de quatre héros de la Seconde Guerre mondiale.

Une nouvelle fois, François Hollande se met dans les pas de son lointain prédécesseur socialiste (François Mitterrand), et plutôt deux fois qu'une, en décidant d'honorer deux femmes : Germaine Tillion et Geneviève De Gaulle-Anthonioz, deux résistantes revenues vivantes du camp nazi de Ravensbrück. 

Germaine Tillon est morte en 2008, à l'âge de 100 ans. Cette ethnologue a participé à tous les combats du siècle, de la Seconde Guerre mondiale à la guerre d'Algérie. Au Musée de l'homme, où elle travaillait, elle a crée avec d'autres le premier réseau de résistance contre les Allemands. Elle aide de nombreux prisonniers à s'évader. Dénoncée en 1942, elle est déportée à Ravensbrück avec sa mère.

Geneviève Anthonioz de Gaulle, nièce du Général, fut déportée pour faits de résistance en 1944. Elle aussi a été déportée au camp de Ravensbrück, le 2 février 1944. Militante des droits de l'homme et présidente d'ATD Quart Monde, elle est morte le 14 février 2002.

Parité oblige, deux hommes feront aussi leur entrée au Panthéon

Pierre Brossolette, l'un des chefs de la Résistance intérieure est l'un des deux hommes à entrer au Panthéon. Journaliste et homme politique, il part pour Londres et s'engage auprès du général De Gaulle. Ce héros de la Résistance est arrêté et torturé en 1944.

Jean Zay fut un tout jeune ministre de l'Education nationale sous le Front populaire. Ce résistant fut exécuté par la milice française le 20 juin 1944.

C'est donc bien la Résistance que François Hollande veut honorer, pour le 70e anniversaire de la Libération de la France. Aucune personnalité en revanche de la Première Guerre Mondiale, dont on commémore pourtant le Centenaire : mais voilà, dans un pays aujourd'hui en crise, et divisé, la Résistance, sa grandeur et ses mythes, doivent être vus comme un élément de cohésion, cette unité nationale qui fait tant défaut à François Hollande depuis son élection.

Dans les archives de RFI : « Le siècle de Germaine Tillion »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.