France

France: la droite plongée dans un climat délétère

François Fillon et Jean-François Copé, le 27 septembre 2012.
François Fillon et Jean-François Copé, le 27 septembre 2012. AFP PHOTO DENIS CHARLET

Soupçons de surfacturation à l’UMP, écoutes de Patrick Buisson, soupçons de trafic d’influence pour Nicolas Sarkozy, le tout à deux semaines des municipales. Dans une interview au Parisien, François Fillon laisse planer la menace de règlements de comptes à l’UMP après le 30 mars. Au terme d’une folle semaine, la droite est plongée dans un climat délétère.

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Il y a cet élu UMP qui parle de la « berlusconisation » de Nicolas Sarkozy. Ce candidat aux municipales qui raconte comment d’anciens électeurs de l’UMP lui disent aujourd’hui se tourner vers le Front national… Et puis cette petite phrase lâchée au détour d’une interview donnée au Parisien par François Fillon.

A l’image de la plupart des ténors de l’UMP, l’ex-Premier ministre n’entend pas jeter de l’huile sur le feu en pleine campagne des municipales. Mais après, dit-il, « certains devront s’expliquer sur la situation de notre parti ». Certains ? Même s’il ne le dit pas explicitement, François Fillon n’entend pas laisser passer une si belle occasion face à son ennemi intime, Jean-François Copé, celui qui lui a volé sa victoire il y a un an et demi. Celui dont la probité est mise en cause.

Les soupçons de surfacturation en faveur de proches du patron de l’UMP, les enregistrements clandestins de Patrick Buisson, la mise en cause de Nicolas Sarkozy dans une nouvelle affaire, la droite vient de vivre une semaine désastreuse. Copé et Sarkozy sont touchés. Le climat du soupçon et l’absence de leadership renforcent les vocations pour la présidentielle de 2017. L’UMP est un parti sous hautes turbulences depuis 2012. Et voilà les couteaux de nouveau affûtés.

La semaine judiciaire de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy aura affaire aux juges à deux reprises cette semaine. D'abord dans l'affaire des enregistrements clandestins réalisés par Patrick Buisson. Ensuite dans un dossier complexe qui mêle les affaires Bettencourt et Tapie, auxquelles s'ajoutent aussi désormais des soupçons de trafic d'influence.

D'après le Canard enchaîné, Nicolas Sarkozy n'a pas caché sa colère à son ancien conseiller, Patrick Buisson, quand il a découvert, dans la presse, que celui-ci enregistrait leurs entretiens. La colère l'a conduit au dépôt de plainte, tout comme sa femme, Carla Bruni. Tous deux dénoncent une atteinte à la vie privée, car une partie des enregistrements concernent leur couple. Ils réclament 60 000 euros de dommages et intérêts à Patrick Buisson. Et veulent aussi obtenir que les extraits de ces enregistrements soient retirés du site Internet Atlantico. L'affaire sera jugée ce lundi en référé. Une procédure d'urgence.

Dans le second dossier, Nicolas Sarkozy invoque le non-respect de l'immunité du chef de l'État. Une immunité qui vaut aussi pour ses agendas, considère sa défense. Or, ceux-ci ont été saisis dans le cadre de l'affaire Bettencourt. Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un non-lieu, mais ces agendas intéressent aussi le juge en charge de l'affaire Bernard Tapie qui pourrait être embarrassante pour l'ex-chef d'État. La Cour de cassation doit statuer sur la validité de cette saisie mardi. Une décision que Nicolas Sarkozy aurait hâte de connaître. D'après Le Monde, l’ancien président aurait cherché, via un autre magistrat de la Cour de cassation, à connaître cette réponse à l'avance. Une impatience qui pourrait lui valoir d'autres poursuites.

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