France

De nouvelles écoutes de Nicolas Sarkozy révélées par Mediapart

Nicolas Sarkozy, ici le 10 mars à Nice, avait ouvert une ligne téléphonique au nom de «Paul Bismuth» qui a fait l'objet d'écoutes judiciaires entre le 28 janvier et le 11 février.
Nicolas Sarkozy, ici le 10 mars à Nice, avait ouvert une ligne téléphonique au nom de «Paul Bismuth» qui a fait l'objet d'écoutes judiciaires entre le 28 janvier et le 11 février. REUTERS/Eric Gaillard

Le site d’information en ligne Mediapart a révélé ce mardi le contenu de nouvelles écoutes judiciaires de Nicolas Sarkozy. Selon ces documents, l’ancien président français a mis en place un « cabinet noir pour neutraliser les juges qui enquêtent sur lui » et il disposait bien d’un relais proche des conseillers de la Cour de cassation.

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Le journal en ligne Mediapart a publié ce mardi les contenus de sept écoutes judiciaires de conversations téléphoniques entre Nicolas Sarkozy et son avocat, Me Thierry Herzog. Ces écoutes, menées sur la ligne téléphonique ouverte au nom de « Paul Bismuth », ont été réalisées entre le 28 janvier et le 11 février. Les conversations dévoilées par Mediapart, et dont Le Monde avait révélé l’existence, portent essentiellement sur la décision de la Cour de cassation, délivrée le 11 mars dernier, sur le pourvoi déposé par Nicolas Sarkozy suite à la saisie de ses agendas présidentiels. Des écoutes qui ont débouché sur l’ouverture d’une information judiciaire pour « trafic d’influence », le 26 février dernier.

Les « bâtards de Bordeaux » et « Gilbert » l'informateur

Dans ces échanges entre l’ancien président français et son avocat, Me Thierry Herzog qualifie notamment les juges en charge du dossier de l’affaire Bettencourt de « bâtards de Bordeaux ». Les deux hommes évoquent également les informations sur la procédure délivrée par un « ami », nommé « Gilbert », ce qui tend à confirmer les informations du Monde, qui affirmait le 7 mars dernier que Me Thierry Herzog se tenait informé de la position des magistrats de la Cour de cassation grâce à Gilbert Azibert, avocat général près la Cour de cassation. Selon les échanges relatés dans l’article de Mediapart, l’informateur a notamment dévoilé à Me Herzog la teneur de l’avis confidentiel du rapporteur public. Cet informateur aurait également assuré à l’avocat que la Cour de cassation s’apprêtait à suivre ces réquisitions, favorables à l’annulation de la saisie des agendas par les juges bordelais, « sauf si le droit finit par l’emporter », souligne alors Me Thierry Herzog.

→ A (RE)LIRE : La justice garde ses agendas, une mauvaise nouvelle pour Sarkozy

Dans une autre conversation, portant cette fois sur un projet de perquisition des bureaux de Nicolas Sarkozy dans le cadre de l’enquête en cours sur un possible financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy aurait demandé à son avocat de « prendre contact avec nos amis pour qu’ils soient attentifs ». Les documents auxquels les journalistes de Mediapart ont eu accès semblent également indiquer que l’ancien président français et son avocat échangeaient sur les mêmes sujets sur la ligne téléphonique de Nicolas Sarkozy – et non celle au nom de Paul Bismuth –, mais cette fois sans qu’il soit question de l’informateur.

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