France

PS: Jean-Christophe Cambadélis veut donner la parole aux militants

Jean-Christophe Cambadélis à la clôture du Conseil national du PS qui l'a désigné premier secrétaire du parti, mardi 15 avril 2014.
Jean-Christophe Cambadélis à la clôture du Conseil national du PS qui l'a désigné premier secrétaire du parti, mardi 15 avril 2014. AFP PHOTO/ JACQUES DEMARTHON

Comme attendu, Jean-Christophe Cambadélis a été désigné ce mardi 15 avril premier secrétaire provisoire du Parti socialiste, dernière étape du grand chambardement de la majorité lancé par François Hollande après la sévère défaite des élections municipales.

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Jean-Christophe Cambadélis le jure : ni François Hollande, ni Manuel Valls, ne lui ont demandé quelque chose. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un projet pour le PS. « Je veux construire un Parti socialiste rassemblé, combattif, inventif, parfois insolent, mais qui soit en capacité d’aider le gouvernement et le président de la République à réussir. C’est cela que j’ai résumé sous la formule d’une confiance exigeante », a déclaré le premier secrétaire après sa nomination.

Voilà l’objectif du candidat de l’Élysée pour la tête du parti : remettre en mouvement le Parti socialiste sans mettre en danger le président. Pour y parvenir, ce spécialiste des manœuvres d’appareil a sa technique : amadouer les militants par quelques concessions à la démocratie interne. « Je ne traite pas les militants de moutons bêlants. Ils ont mené une campagne, ils sont parfois en colère et moi je veux que les militants puissent s’exprimer et dire ce qu’ils pensent, comment ils voient la réponse aux problèmes auxquels sont confrontés les Français », a annoncé Jean-Christophe Cambadélis.

Le successeur d’Harlem Désir va donc mettre en place des états généraux suivis d’un vote sur une feuille de route. Une manière de canaliser la parole d’une base déçue par les deux premières années de François Hollande à l’Élysée, mais aussi de se montrer à l’écoute. À la gauche du PS, on émet cependant quelques réserves. « Les militants n’attendent pas des paroles, ils attendent des actes. Vu ce qui s’est passé ces deux dernières années, on a raison d’être vigilants », prévient ainsi Emmanuel Maurel, candidat aux élections européennes.

La gauche du PS savait qu’étant minoritaire, elle n’aurait jamais obtenu le congrès extraordinaire qu’elle désirait, ce congrès où l’on désigne son chef, mais surtout où l’on choisit de l’orientation politique. Or, il n’est pas certain que le pacte de responsabilité et les économies dans les dépenses recueilleraient aujourd’hui une large majorité.

Jean-Cambadélis à la tête du PS : la consécration de l’homme d’appareil

Il avait déjà raté le coche, en 1997. Lionel Jospin lui avait préféré François Hollande pour diriger le Parti socialiste. En 2012, Jean-Christophe Cambadélis doit encore passer son tour. Harlem Désir est alors jugé plus fiable, plus contrôlable, par les ténors du gouvernement. Il sera surtout plus terne.

Jean-Christophe Cambadélis a finalement réussi à s'imposer. Avec Manuel Valls, il apparait aujourd'hui comme le principal bénéficiaire du grand remaniement de François Hollande. Une revanche, et une consécration, pour cet apparatchik pur jus, excellent tacticien et fin analyste des manœuvres politiques.

Jean-Cambadélis n’a rejoint le PS qu'en 1986, après de longues années à militer chez les trotskystes et dans les organisations de jeunesse. Il a été l'un des artisans de l'arrivée de Martine Aubry à la tête du PS en 2008, lors du fameux congrès de Reims qui a scellé l'alliance un peu contre nature des fabiusiens et strauss-kahniens. Proche de DSK, il l'est l'un des rares à avoir gardé le lien avec l'ancien patron du FMI. En marge de la Hollandie, il lorgnait récemment sur la présidence du Parti socialiste européen. Finalement, il reste en France, et il ne s'en plaint pas.

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