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France

Jacques Servier, propriétaire du groupe pharmaceutique, est mort

Jacques Servier, ici au tribunal de Nanterre en mai 2013, est mort à l'âge de 92 ans.
Jacques Servier, ici au tribunal de Nanterre en mai 2013, est mort à l'âge de 92 ans. REUTERS/Philippe Wojazer
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Jacques Servier, fondateur et propriétaire du groupe pharmaceutique français Servier, dont le nom reste lié au scandale du Mediator, est décédé ce mercredi 16 avril à son domicile. Il avait 92 ans.

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L'annonce de la mort de Jacques Servier a été faite dans un communiqué par l’entreprise qu’il avait créée il y a exactement soixante ans en rachetant un petit laboratoire d'Orléans. Elle est devenue au fil du temps le deuxième groupe pharmaceutique français, employant 20 000 salariés et revendiquant un chiffre d’affaires annuel de plus de 4 milliards d’euros. La société Servier est ainsi devenue le deuxième laboratoire pharmaceutique en terme de ventes, derrière Sanofi. A titre personnel, Jacques Servier était classé quinzième fortune de France, selon le magazine Challenges.

Cette belle réussite financière a cependant été ternie ces dernières années par le scandale du Mediator, un médicament antidiabétique produit par Servier, largement prescrit comme coupe-faim et accusé d'avoir causé des centaines de morts. Ce scandale a valu à Jacques Servier et à plusieurs de ses sociétés d'être mis en examen.

Les procédures engagées continuent

Malgré sa mort, les procédures continuent. Une première enquête porte sur des faits de tromperie, d'escroquerie et de trafic d'influence. Une seconde sur des faits d'homicides et de blessures involontaires. Cette dernière enquête s'avérant plus longue et plus complexe puisqu'elle doit établir des liens de cause à effet entre la prise du médicament incriminé et les pathologies graves développées par les patients. Depuis peu, les deux procédures ont été en partie fusionnées.Un « grand procès du Mediator », visant tous les acteurs du scandale, était attendu pour le premier semestre 2015. Il se tiendra donc sans lui et sera sans doute retardé.

Le moment venu, on retrouvera sur le banc des accusés vingt-cinq personnes physiques ou morales, au premier rang desquelles plusieurs sociétés et dirigeants du groupe Servier, mais aussi des fonctionnaires, des médecins ayant caché les effets pervers du Médiator, et même une ancienne responsable politique soupçonnée d'avoir rédigé un rapport parlementaire de complaisance.

→ A (RE)LIRE : Mediator : Jacques Servier, un homme et une entreprise devant le tribunal de Nanterre

Jacques Servier est mort sans avoir rendu compte, regrette aujourd’hui Irène Frachon, la pneumologue qui a révélé l’affaire Mediator. « Si la personne a disparu, le nom de Jacques Servier et ses collaborateurs auront à répondre des crimes devant la justice. Les victimes doivent le savoir, la justice ne s'arrête pas avec sa mort », a réagi Irène Frachon.

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