France / Economie

Des députés PS tentent d'adoucir le plan d'économie de Manuel Valls

Le Premier ministre français Manuel Valls lors de la présentation de son plan d'économie le 16 avril dernier.
Le Premier ministre français Manuel Valls lors de la présentation de son plan d'économie le 16 avril dernier. REUTERS/Philippe Wojazer

Le plan d'économie de Manuel Valls présenté la semaine dernière est loin de faire l'unanimité. Après la lettre des onze députés socialistes jugeant sa philosophie « dangereuse économiquement », ce sont cette fois plusieurs députés PS qui ont élaboré au cours du week-end trois scénarios alternatifs pour tenter de rassembler la majorité avant le vote du programme de stabilité à l'Assemblée nationale.

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C'est une question sensible qui rassemble une large partie des députés socialistes et qui figure sur la note qui va être présentée au Premier ministre ce mardi. « Le pouvoir d'achat des Français a déjà été touché par les efforts budgétaires. Il n'est pas possible de demander plus ». Sous couvert de l'anonymat, les députés sont encore plus sévères : « Ce plan, il a un côté provocateur. C’est comme s'il ne s'était rien passé aux municipales, comme si l'électorat populaire ne nous avait pas signifié : "Ça suffit" ».

→ A (RE)LIRE : France: les pistes de Manuel Valls pour économiser 50 milliards

D'accord, pour les économies, disent beaucoup de socialistes, mais attention à l'équilibre. Il ne faut pas tout faire reposer sur le porte-monnaie des ménages, et faire contribuer davantage les entreprises.

Trois scénarios alternatifs

Sans remettre en cause l’objectif de réduction du déficit public ni le cadre des 50 milliards d’euros, les députés PS proposent d'abord de repousser à 2016 l’application du pacte de responsabilité pour les grands groupes. Une mesure permettant de dégager trois milliards d’euros en 2015 et ainsi d’éviter le gel des prestations sociales. Le deuxième scénario consiste à bloquer l’évolution de certaines dépenses fiscales comme le crédit d’impôt recherche. Cette option devrait libérer trois milliards d’euros et là encore permettre d’abandonner le gel des prestations sociales et celui du salaire des fonctionnaires. Troisième et dernier scénario : ramener la réduction de la fiscalité des entreprises de 38 à 33 milliards d’euros en luttant davantage contre la fraude fiscale.

Avec ces propositions à mi-chemin entre les demandes de l'aile gauche du Parti socialiste et des aubrystes, et la potion amère de Manuel Valls, les auteurs espèrent mettre tout le monde d'accord. Après la débâcle des municipales, le remaniement à tous les étages du pouvoir
et la désastreuse affaire Aquilino Morelle, les socialistes, au bord de la crise de nerfs,
ont bien besoin d'une stratégie commune.

« Les parlementaires sont là pour équilibrer les efforts »

Selon le quotidien Le Monde, ces pistes seront donc présentées ce mardi au Premier ministre par le chef de file des députés PS à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, et la nouvelle rapporteure générale du budget, Valérie Rabault. Le député de Saône-et-Loire, Thomas Thévenoud, sera également présent. Il revient sur l'objectif de ces trois scénarios alternatifs au plan d'économies de 50 milliards d'euros de Manuel Valls élaborés ce week-end :

« Les coups de rasoir, les coups de rabot successifs sur des gens qui ont déjà des difficultés à boucler les fins de mois, ça n'est plus possible, explique le député. (...) Dans ce pays, il y a des gens qui ont de toutes petites retraites, de tous petits salaires, et à qui on a demandé beaucoup de choses. Les parlementaires sont là pour équilibrer les efforts. Ils sont prêts à porter, encore une fois, des économies. La majorité et les députés socialistes ne sont pas des ringards. Ils veulent la modernisation et le redressement du pays mais ils sont dépositaires de demandes sociales de notre électorat. Et notre électorat ce sont souvent des gens modestes, pour qui nous constituons un espoir. Donc à nous de porter cette parole auprès du Premier ministre. Je suis sûr qu'il peut comprendre, qu'il va comprendre et en tout cas, je suis sûr qu'il comprend qu'il ne pas passer en force ».

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