France / Centrafrique

Le dernier voyage de Camille Lepage, tuée en Centrafrique

La photojournaliste française Camille Lepage, ici en février 2014 lors d'un reportage à Bangui.
La photojournaliste française Camille Lepage, ici en février 2014 lors d'un reportage à Bangui. AFP PHOTO / FRED DUFOUR
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le corps de notre consoeur, Camille Lepage, est arrivé ce vendredi matin à Paris. L’avion cargo qui le ramènait en France avait décollé hier soir de Bangui où plusieurs hommages lui ont été rendus. La jeune photojournaliste a été tuée en République centrafricaine où elle était en reportage. Une enquête est en cours.

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Le retour du corps de Camille Lepage en France s'est effectué à la demande de la famille dans une grande discrétion. Une cérémonie familiale s'est tenue à l'aéroport avant le transfert du corps à l'Institut médico-légal à Paris où il sera autopsié.

Le président Hollande s'est rendu à l'Institut médico-légal pour y retrouver la famille et se recueillir devant le cercueil. Le convoi présidentiel est entré très vite dans l’institut par une petite allée qui borde la Seine.

Un peu plus tôt, une dizaine de membres de la famille de la jeune photojournaliste de 26 ans franchissaient les lourdes portes en fer du bâtiment. Visages fermés, sombres, têtes baissées. Les parents de Camille Lepage avaient prévenu que la famille souhaitait que ce moment très personnel se passe dans la plus grande intimité. Tous ont quitté l'Institut médico-légal sans un mot, dans le silence et l'affliction.

Une enquête est en cours

Un message reçu 5 sur 5 par le Quai d’Orsay, qui n’a absolument rien communiqué sur le lieu et l'heure d'arrivée de l'avion qui ramenait le corps de Centrafrique. La Centrafrique, où la journaliste indépendante a perdu la vie dans des circonstances encore imprécises lors d'une attaque contre le convoi des anti-balaka - qu’elle suivait pour prendre des photos - par les ex-Seleka. L’assassinat a eu lieu à l’ouest du pays.

Retour à Paris donc, pour la jeune fille. Son corps va maintenant être autopsié pour en savoir plus sur les conditions de sa mort dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris.

L’enquête associe des gendarmes français, des policiers de la force africaine, la Misca, mais aussi des éléments de la police centrafricaine, à peine convalescente après plusieurs mois de crise sécuritaire. Les conclusions de la police judiciaire centrafricaine doivent être transmises au parquet dans les prochains jours afin que celui-ci se prononce sur les suites judiciaires à donner à l’affaire sur le territoire centrafricain.

« Un juge français va descendre en Centrafrique »

« Les officiers de police judiciaire sont à pied d’œuvre, de concert avec certains éléments de la mission Sangaris et de Misca, explique Ghislain Grésenguet, le procureur de la République centrafricaine. Par rapport déjà à la victime, il y a eu un constat qui a été fait pour déterminer à peu près quels sont les impacts qu’elle a reçus pour amener la mort. Et ensuite, il y a eu des gens qui ont été interpellés.

Bientôt, les personnes qui ont fait l’objet des auditions préliminaires au niveau de la Misca, vont être déférées devant la gendarmerie et ensuite elles vont être présentées au procureur.

Le parquet de Paris a décidé d’ouvrir une enquête et dans le cadre de la coopération judiciaire qui nous lie avec la France, ce juge français va inéluctablement descendre en Centrafrique pour s’inspirer du travail qui est fait, pour permettre aussi à ce que cette procédure soit suivie par la France ».

► pour découvrir les photos de Camille Lepage, son site et celui de l'agence Hans Lucas.

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