FRANCE

Jérôme Kerviel derrière les barreaux à Nice

L'ex-trader Jérôme Kerviel a quitté la prison de Menton où il venait de passer la nuit pour être transféré à la prison de Nice.
L'ex-trader Jérôme Kerviel a quitté la prison de Menton où il venait de passer la nuit pour être transféré à la prison de Nice. REUTERS/Jean-Pierre Amet
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Il a fini par regagner la France. Jérôme Kerviel a donc été appréhendé par la police de Menton à minuit cette nuit. Après deux mois et demi de marche en Italie, l'homme condamné à 3 ans d'emprisonnement ferme pour escroquerie avait annoncé samedi qu'il ne traverserait pas la frontière. Ce matin, il a été transféré à la prison de Nice, dans le sud-est de la France, où il va commencer à purger sa peine jusqu'à nouvel ordre.

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C'est à minuit précisément que Jérôme Kerviel a été abordé par 2 policiers en civils. Ils le font très vite monter dans une voiture, direction le commissariat de Menton.

L'interpellation met fin à un show médiatique de deux jours. Une opération de communication qui a permis à l'ancien trader de plaider sans relâche son innocence, et de dénoncer une injustice dans le traitement judiciaire et médiatique de l'affaire. Il se dit libre, dans sa tête.

Procédure contre la Société générale

Déféré ce lundi matin au parquet de Nice pour se voir signifier sa condamnation à 3 ans de prison ferme, il a pourtant très vite rejoint la prison de Nice. C'est donc derrière les barreaux qu'il va devoir maintenant attendre son procès au civil.

Jérôme Kerviel a aussi engagé une procédure contre son ancien employeur, la Société générale, pour subornation de témoins dans l'affaire. Aujourd'hui, ce que Jérôme Kerviel a en tout cas réussi à faire, c'est réunir un vaste groupe de soutien, qui va des milieux catholiques à l'extrême gauche anti-capitaliste.

Un « escroc » selon Michel Sapin

L'avocat de la Société générale, Me Jean Veil, a dénoncé le show médiatique de ces derniers jours et estimé que « la presse se laissait mystifier dans des conditions
absolument incroyables 
» par l'ex-trader Jérôme Kerviel. « Comment veut-on que les collaborateurs de la Société générale ne se soient pas laissés tromper par le même Kerviel ?», s'est-il interrogé sur Europe 1, rejetant ainsi la théorie de l'ancien collaborateur de la banque selon laquelle son employeur était parfaitement au courant de ses agissements.

Michel Sapin, le ministre français des Finances, a estimé dimanche, dans une interview, que Jérôme Kerviel était « un escroc » qui a été « condamné » et « doit bien entendu purger sa peine ».

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