FRANCE

Fusée Soyouz: Internet sera plus accessible dans les pays du Sud

Le projet «OB3» a pour mission de faciliter l'accès internet aux pays du Sud.
Le projet «OB3» a pour mission de faciliter l'accès internet aux pays du Sud. AFP PHOTO / A-CNES-ARIANESPACE / HO / JM GUILLON
Texte par : Patrick Chompré
5 mn

Une fusée Soyouz a décollé du centre spatial guyanais ce jeudi 10 juillet à 18h55 TU. A son bord : des satellites d’un type nouveau, qui vont permettre aux habitants des pays du Sud de bénéficier d'un meilleur accès à Internet.

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De notre envoyé spécial à Kourou, en Guyane

L’idée est née en 2007 dans l’esprit de Greg Wyler, un ingénieur en télécoms qui travaillait au Rwanda, et constatait chaque jour combien l’accès très aléatoire à Internet compliquait la vie quotidienne des entreprises et des populations locales. Il regrettait aussi que l’accès à Internet soit quasi impossible dans les campagnes et dans les villages.

Greg Wyler, investigateur du projet OB3
Greg Wyler, investigateur du projet OB3 AFP PHOTO JODY AMIET

Il s'est donc lancé dans le projet « OB3 » dont la mission est de distribuer les données internet dans les pays du Sud. Son idée est d’éviter de passer par les coûteuses infrastructures au sol, comme le câble ou la fibre optique, et d’utiliser plutôt la transmission par satellite.

Internet par satellite existe déjà en Afrique, mais c'est cher. Greg Wyler a travaillé sur un concept qui réduirait les coûts au maximum pour un accès au réseau le plus rapide possible : des petits satellites en orbite basse, à moins de 8 000 km de la Terre. Résultat : des coûts de lancement et de fabrication en baisse et surtout une connexion fiable, rapide, ce qui est le souhait de tous les internautes. Il y a eu un premier lancement de quatre satellites il y a quelques mois. Ce deuxième lancement, ce jeudi 10 juillet, complète la constellation.

Des abonnements à Internet moins chers ?

Les coûts de lancement des satellites et de distribution du signal étant en baisse, les abonnements devraient être moins chers aussi. Reste à savoir si les opérateurs qui vendront ces accès au public à partir de fin 2014 ou début 2015 suivant les pays, joueront le jeu et n’en profiteront pas pour gonfler leurs marges.

Mais l’effet concurrence devrait jouer et les prix devraient baisser pour les particuliers habitant les zones couvertes par ces satellites : Afrique, la majeure partie de l’Amérique latine, le Moyen-Orient, l’Océanie et le Pacifique Sud. Soit les lieux où se trouvent la majeure partie des individus qui n’ont pas, ou peu, d’accès à Internet - ils sont 3 milliards dans ce cas. C’est pourquoi Greg Wyler a appelé son entreprise « O3B » soit « other 3 billions » (« les autres 3 milliards »). Parmi les premiers pays concernés : la Somalie, la RDC, le Kenya et le Pakistan.

Une fusée russe à Kourou sur le port spatial européen

C’est Arianespace qui a mis en œuvre ce lancement avec la fusée russe Soyouz. L’entreprise européenne dispose maintenant de trois lanceurs, Ariane, Soyouz et Vega, ce qui lui donne la possibilité d’offrir aux opérateurs différentes solutions de lancement suivant les tailles de satellites et l’orbite choisie.

Une fusée Soyouz transportant des satellites pour le projet OB3 lancée de Kourou, Centre spatiale de Guyane, en juin 2013
Une fusée Soyouz transportant des satellites pour le projet OB3 lancée de Kourou, Centre spatiale de Guyane, en juin 2013 AFP PHOTO / JODY AMIET

Cette situation permet à l’entreprise européenne de rester, pour le moment, en tête dans le secteur des lancements commerciaux, gérant presque la moitié d'entre eux dans le monde actuellement.

Mais le secteur est en pleine mutation avec l’apparition d’entreprises privées, comme l’Américain SpaceX, qui ont des méthodes nouvelles issues des start-up internet.

Pour rester aussi attractifs, les Européens font actuellement beaucoup d’efforts. Ils modernisent le mode de gouvernance et de production des lanceurs et tentent de s’entendre sur le projet « Ariane 6 », la prochaine fusée européenne qui devra affronter la concurrence à partir des années 2020.

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