FRANCE

8 femmes ministres, 16 femmes en tout : la parité de Valls II

Najat Vallaud-Belkacem à l'Assemblée nationale le 9 octobre 2013.
Najat Vallaud-Belkacem à l'Assemblée nationale le 9 octobre 2013. AFP PHOTO / FRED DUFOUR

C'est un remaniement ministériel limité qui a eu lieu en France puisque 12 ministres conservent leurs fonctions, un remaniement où la parité a été strictement respectée. Huit hommes et huit femmes deviennent ministres de plein exercice. Parmi elles, Najat Vallaud-Belkacem, promue dans ce nouveau gourvernement, qui devient ministre de l'Education nationale, au 4ème rang protocolaire du gouvernement, et Fleur Pellerin à la Culture.

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Populaire dans les sondages, Najat Vallaud-Belkacem profite de chaque remaniement ministériel, depuis le début du quinquennat. D'abord ministre chargée du Droit des femmes, son portefeuille est élargi en mars dernier avec la Ville, la Jeunesse et les Sports. Une ascension éclair pour cette jeune femme d'origine marocaine, passée par Sciences Po, et qui a fait ses armes politiques à Lyon, en tant que conseillère régionale pour la région Rhône Alpes. A 36 ans, elle devient donc la première femme ministre de l'Education nationale au sein du gouvernement Valls II. Tour à tour porte-parole de Ségolène Royal puis de François Hollande lors de leurs campagnes présidentielles respectives, c'est aussi comme porte-parole qu'elle intègre le gouvernement en 2012. A son actif : une loi sur l'égalité hommes-femmes, une proposition de loi pour lutter contre la prostitution et bien sûr les ABCD de l'égalité à l'école, un dossier polémique pour lequel elle avait été accusée de défendre « la théorie du genre» par la droite.

Fleur Pellerin, d'origine coréenne, juriste de formation et ancienne conseillère à la Cour des Comptes, secrétaire d'Etat au Commerce extérieur dans le gouvernement précédent, devient ministre de la Culture et succède à Aurélie Filippetti. A 41 ans , Fleur Pellerin spécialiste de l'économie numérique ( elle était ministre déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Économie numérique dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault ) va devoir s'attaquer à des dossiers sensibles. Apaiser les intermittents du spectacle pour commencer, en conflit avec le gouvernement depuis plusieurs mois sur la réforme des indemnités chomage. Bras de fer qui s'est durci cet été et a failli faire annuler les grands rendez-vous culturels. Les concertations reprennent mi-septembre. Apaiser les responsables du patrimoine français qui ont vu leur grands chantiers annulés, ou reculés, comme le musée Picasso dont la réouverture retardée a provoqué une polémique. Et puis Fleur Pellerin, forte de son expérience en économie numérique, devra innover et accompagner les acteurs de l'audiovisuel français à se défendre contre les géants américains tels que Google, Amazon ou Netflix, ainsi que le secteur de la presse écrite en pleine mutation. Le tout, avec un budget en forte baisse depuis 2 ans consécutifs.

Christiane Taubira, dont le sort avait monopolisé l'attention puisque proche d'Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon, reste donc garde des Sceaux. Révélation politique de ces dernières années en raison de son combat passionné en faveur du mariage pour tous, très appréciée de l'électorat de gauche, elle apparaissait comme incontournable. Voire intouchable. Et elle l'a été. Parmi les prochains dossiers qui attendent la ministre, la réforme de la justice des mineurs. Parmi les femmes qui sont confirmées à leur poste, Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique, George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer et Sylvia Pinel, qui reste ministre du Logement, de la Ruralité, et de l'Egalité des territoires. 

De nouvelles têtes arrivent aux secrétariats d'Etat comme la députée socialiste Pascale Boistard, nommée secrétaire d'État aux Droits des femmes, un poste précédemment détenu par Najat Vallaud-Belkacem à un niveau ministériel. Les associations de défense du droit des femmes s'indignent de cette décision de rétrograder le ministère du Droit des femmes au rang de secrétariat d'Etat, « un signal politique extrêmement négatif et restrictif » selon elles. Au secrétariat d'Etat à la politique de la Ville, Myriam El Khomri, l'une des adjointes d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris.

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