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France: les enseignants font leur rentrée

Au lycée Henri-Gaudier-Brzeska, à Saint-Jean-de-Braye.
Au lycée Henri-Gaudier-Brzeska, à Saint-Jean-de-Braye. AFP PHOTO / JEAN-FRANCOIS MONIER

Près de 900 000 enseignants font leur rentrée ce lundi, un jour avant les élèves, avec un nouveau visage à la tête de leur ministère : Najat Vallaud-Belkacem. Si certains enseignants s'inquiètent de la valse des locataires de la rue de Grenelle – trois ministres nommés en deux ans et demi et autant de feuilles de route – d'autres se réjouissent qu'une femme entre enfin au ministère de l'Education nationale.

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Najat Vallaud-Belkacem est la première femme – et, à 36 ans, la plus jeune – à obtenir le portefeuille de la rue de Grenelle. Elle devient, avec cette nomination, la 4e ministre la plus importante dans l'ordre protocolaire. Le ministère de l'Education nationale est le premier employeur de France, avec au total plus d'un million de personnels.

Faible longévité des ministres

Sur les réseaux sociaux, de nombreux enseignants disent avoir du mal à comprendre la très faible longévité des ministres de l'Education nationale – Vincent Peillon, ministre de l’Education dans le gouvernement Ayrault, est resté vingt-trois mois en poste, Benoît Hamon, à peine cinq – quand on sait que l'Education demande de la continuité.

Béatrice Rospide est professeure dans un collège à Angers. Elle s'inquiète de cette valse des ministres : « Cela fait 18 ans que je fais ce métier, j’ai vu un certain nombre de ministres changer. Chacun veut laisser sa marque. On prend des décisions, et deux ans après on dit le contraire – c’est un peu le souci. Là, deux ans, trois ministres, ça fait quand même beaucoup. »

Mais l’identité de la nouvelle locataire de la rue de Grenelle est plutôt de nature à réjouir l’enseignante : « Pour moi oui, c’est une bonne chose que ce soit une femme. Et en plus, comme elle le dit elle-même, une jeune femme issue de l’immigration, pour qui l’école a eu un impact sur ce qu’elle est aujourd’hui. »

Programmes trop lourds

Les enseignants disent attendre la feuille de route de la ministre. Ils sont favorables aux réformes qui, à leurs yeux, ne s'appliquent pas assez vite et par conséquent, perdent de leur sens. Un récent sondage commandé par le Syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles (le Snuipp, le principal syndicat des enseignants du primaire) montre que les enseignants ne sont pas satisfaits de leurs conditions de travail.

Pour Stéphanie Villers, professeure dans une école primaire de la banlieue de Lille, peu importe le ministre : ce qui est important, c'est la mise en place des réformes initiées par Vincent Peillon, en particulier celle qui vise à alléger les programmes. « Effectivement, on a réduit les journées, mais les contenus restent trop lourds, estime l'enseignante. On demande des choses beaucoup trop compliquées aux enfants, au détriment de la qualité. On est obligés d’aller plus vite. Or, apprendre c’est surtout comprendre : ça n’est pas parce qu’on ajoute une somme de savoirs qu’on l’acquiert. »

Inflexible sur la réforme des rythmes scolaires

À la veille de la rentrée, la nouvelle ministre s'est voulue très ferme, notamment sur l'application de cette réforme : « La loi a été adoptée, elle s’applique. Il y a eu une première année de préfiguration, où 4 000 communes se sont engagées dans ces rythmes scolaires. Aujourd’hui c’est toutes les écoles qui devront les appliquer. La loi s’appliquera partout, il n’y aura pas d’exception », a indiqué la ministre, invitée du journal de 20 h de TFI dimanche soir. Elle a assuré que cette réforme avait été faite « dans l’intérêt des enfants, des élèves, parce que nous savons qu’elle leur garantira un meilleur apprentissage : apprendre à lire, à écrire, à compter ça se fait mieux sur cinq matinées que sur quatre. »

Après les enseignants ce lundi, ce sera au tour, mardi 2 septembre, des douze millions d'élèves français de retrouver le chemin de l'école.

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