France

Université d'été du PS: Valls réussit à faire baisser la tension

Manuel Valls: «Je prends les matchs les uns après les autres».
Manuel Valls: «Je prends les matchs les uns après les autres». REUTERS/Stephane Mahe

Les socialistes sont des habitués des affrontements parfois violents mais jamais une rentrée n'aura été sous aussi haute tension. Réunions de courants, divisions, le PS est au pouvoir et il revient à ses vieux démons...  Signe d'un désintérêt manifeste, on a noté de grands absents au premier rang pour le discours du Premier ministre : Ségolène Royal, Martine Aubry, Laurent Fabius, Arnaud Montebourg, aucun d'entre eux n'était même dans la salle. Une salle de militants aussi divisée que le parti ; au final, Manuel Valls a fait rebaisser la tension avec son discours de clôture. Un épisode après une semaine folle qui ressemble surtout à un répit.

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Avec nos envoyées spéciales à La Rochelle, Anissa El Jabri et Valérie Gas

« La Cocotte minute socialiste vient de perdre quelques degrés, mais jusqu'à quand », la phrase est d'une députée socialiste après le discours, jugé habile, de Manuel Valls ; une députée qui se désespère du climat de la rentrée socialiste. Deux blocs qui « s'affrontent, se provoquent, se nourrissent »,  juge un autre élu.

« Je ne lâche rien »

Le Premier ministre a bien évité quelques chiffons rouges dans son discours de clôture, ce 31 août : le travail du dimanche, l'encadrement des loyers... Mais au final, le chef du gouvernement pavoisait à la sortie : « De toute façon, je ne lâche rien, je sais que c'est la bonne voie », et, de fait, c'est sur l'économie que Manuel Valls qui aime la confrontation a assumé le clivage et la bronca de la salle.

Prochaine étape : le vote sur la confiance

« Mais quand va-t-on enfin faire collectivement au parti la clarté sur la ligne » demandent beaucoup d'élus et de militants. Manuel Valls lui, joue la montre : « Je prends les matchs les uns après les autres » disait le Premier ministre à la sortie. La prochaine étape c'est pour lui le vote sur la confiance au Parlement.

Pour le député européen socialiste Emmanuel Maurel, le discours de Manuel Valls était « convenu, et en même temps tant mieux, poursuit ce leader de l'aile gauche du PS. Ça veut dire qu’il a compris que la stratégie d’aller toujours dans une sorte de fuite en avant, qui tourne le dos à nos engagements de campagne et à notre identité, ça ne pouvait pas passer. »

« Rappeler le programme »

« Les députés qu’on appelle un peu abusivement frondeurs, rappelle M. Maurel, sont juste là pour rappeler le programme sur lequel ils ont été élus en 2012, qui était un programme de redressement, dans la justice. Et la justice sociale ça suppose un certain nombre de mesures, qui aujourd’hui ne sont pas prises par le gouvernement. »


Du côté des militants. Lors de son université d’été, le Parti socialiste est apparu plus divisé que jamais sur la politique gouvernementale. Comment dans ce contexte de doute et de contestation, les militants présents à La Rochelle ont-ils reçu le discours de Manuel Valls ? Avec lucidité et pragmatisme. Echantillon des réactions recueillies à La Rochelle par Valérie Gas.

On a senti un peu de provocation...

Paroles de militants socialistes

«La Cocotte minute socialiste vient de perdre quelques degrés»; une députée socialiste.
«La Cocotte minute socialiste vient de perdre quelques degrés»; une députée socialiste. REUTERS/Stephane Mahe

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