France

Budget: le gouvernement français dos au mur

Le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin à la sortie du Conseil des ministres, le 10 septembre 2014.
Le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin à la sortie du Conseil des ministres, le 10 septembre 2014. REUTERS/Philippe Wojazer

En France, le déficit 2014 dérape déjà : 4,4 % au lieu des 3,8 prévus. L'objectif de retour aux 3 % est cette fois reporté à 2017. Et c’est un budget 2015 plus impossible que jamais que le gouvernement va devoir boucler.

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L’équation était complexe, elle est désormais presque insoluble. Avec une croissance en berne, une inflation quasi inexistante, la crédibilité de la France est encore plombée par son budget. La Commission européenne réclame désormais « des mesures crédibles pour limiter les dépenses ».

« L’Assemblée nationale demande elle à Bruxelles des mesures crédibles en matière de relance et d'investissement », réplique Bruno Le Roux, le patron du groupe socialiste à l’Assemblée. En attendant, le gouvernement français va devoir trouver deux milliards d’euros d’économies supplémentaires.

« Malheureusement, c’est la confirmation de ce que nous avons dit. L’opposition en commission des Finances a toujours dit qu’on serait certainement au-dessus de 4 % », déplore le député de l’Oise et ancien ministre du Budget Eric Woerth, qui dénonce un « mensonge d’Etat ». « Il est d’avoir dit aux Français que la lutte contre les déficits était au cœur de l’action du gouvernement. Ce n’est pas vrai. Les déficits vont augmenter cette année par rapport à l’année dernière. C’est une nouvelle à la fois tragique et considérable pour la France. Ça nous décrédibilise vis-à-vis de nos partenaires européens et vis-à-vis des Français », juge Eric Woerth.

Karine Berger, députée des Hautes-Alpes et secrétaire nationale du PS en charge des questions économiques, conteste les accusations et assume une politique qui ne fait pas la part belle à l'austérité. « Nous voulons faire en sorte que la croissance économique, qui est vraiment en danger dans ce pays, soit soutenue. C’est pour cela que nous donner un peu plus de temps que prévu pour revenir à -3 % de déficit public, un peu plus de souplesse, pour permettre de ne pas faire d’austérité. Il ne faut pas faire d’austérité parce qu’on est à un moment où la croissance économique est trop fragile et le risque de récession trop élevé pour aller dans un sens qui serait plus dur en terme budgétaire », plaide-t-elle.

Dans un contexte politique et économique délétère, l’exécutif semble pourtant presque soulagé. Après deux semaines de crises politiques en série, le gouvernement est maintenant confronté à des débats enfin concrets.

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