France

France: Manuel Valls recueille une confiance bien entamée

Le Premier ministre Manuel Valls lors de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale, le 16 septembre 2014.
Le Premier ministre Manuel Valls lors de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale, le 16 septembre 2014. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Les retraités modestes dont les pensions n'excèdent pas 1 200 euros percevront finalement une «prime exceptionnelle» dont le montant «forfaitaire» s'élèvera à 40 euros, a précisé mardi Manuel Valls sur TF1. Ce coup de pouce est la principale annonce économico-sociale de la déclaration de politique générale du Premier ministre avec l'annonce d'une baisse d'impôt qui concernera 6 millions de ménages en 2015, contre plus de 4 millions en 2014. Sur le plan politique, il a certes de nouveau obtenu la confiance de l'Assemblée, mais avec une majorité en recul : 269 voix, soit bien au-dessous du seuil symbolique des 289 voix de majorité absolue.

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La droite crie au revers politique, le gouvernement n’a plus la majorité, dit-elle. Cette majorité est rétrécie, il est vrai, malgré les signaux lancés à la gauche hier, mardi, dans son discours. « Je ne fais pas d'austérité », a répété une dizaine de fois Manuel Valls.

Mais le Premier ministre va désormais devoir négocier chaque texte sensible, c’est sûr. En ligne de mire, le budget 2015, sans aucun doute le plus délicat du quinquennat. Pour le faire passer, le chef du gouvernement pourrait avoir à forcer la main de ses députés : avoir recours au vote bloqué.

Manuel Valls compte d’abord et surtout sur le retour annoncé de Nicolas Sarkozy. Un moyen pour lui de sortir du débat gauche contre gauche et de rassembler son camp. Le Premier ministre a commencé hier dans son discours à organiser la confrontation, une manière d’en prendre la tête et de s’installer dans le rôle de l’opposant numéro un au champion de la droite pour les prochains mois et peut-être pour 2017.

■ Une confiance relative

269 voix pour, 244 contre. Sans surprise, une majorité de députés ont accordé leur confiance à Manuel Valls. Mais le Premier ministre n’a obtenu qu’une majorité relative. Un signal d’alerte pour le gouvernement.

Barbara Pompili, la co-présidente du groupe écologiste, s’est abstenue, tout comme les 17 autres députés de son groupe. La députée n’a pas été convaincue par le discours du Premier ministre.

C'est un discours qui, moi, m'a un peu inquiétée parce que je n'ai toujours pas senti le souffle de l'écologie dans son discours, je n'ai pas non plus senti les grandes réformes qui pourraient remédier de manière efficace à la crise.

Barbara Pompili

Sans surprise, l’UMP a voté contre la confiance au gouvernement. L’ancienne ministre UMP Nicole Ameline dénonce notamment le flou de la politique défendue par Manuel Valls.

Ce qui m'a manqué c'est quand même la vision d'ensemble.

Nicole Ameline

Pas convaincu non plus par le discours de Manuel Valls, le frondeur Christian Paul est un des 32 députés socialistes à s’être abstenu. À sa sortie de l’hémicycle, ce proche de Martine Aubry a appelé à un plan d’urgence contre la récession.

Le fait qu'une trentaine de députés socialistes (...) aient fait le choix de s'abstenir aujourd'hui, c'est un signal politique puissant, signal qu'il y a d'autres politiques possibles.

Christian Paul

Claude Bartolone, le président socialiste de l’Assemblée nationale, a lui mis en garde les députés frondeurs pour les votes à venir.

Si nous voulons être capables demain de rassembler les écologistes, les socialistes, la gauche et d'une manière plus importante après, le pays, il faut être capable de se rassembler soi-même.

Claude Bartolone

Manuel Valls n’a obtenu qu’une majorité relative certes, mais pas de quoi inquiéter Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d’État des relations avec le Parlement.

Il y a une majorité, c'est ça qui compte.

Jean-Marie Le Guen

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