France / Justice

Procès Xynthia: l'ancien maire de La Faute-sur-Mer à la barre

L'ancien maire de La Faute-sur-Mer, René Marratier, à l'ouverture du procès Xynthia. Aux Sables-d'Olonne, le 15 septembre.
L'ancien maire de La Faute-sur-Mer, René Marratier, à l'ouverture du procès Xynthia. Aux Sables-d'Olonne, le 15 septembre. AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Cinq ans après le passage de la tempête Xynthia qui a fait 29 morts à la Faute-sur-Mer, l'heure était aux témoignages ce mercredi 17 septembre. Les témoignages des rescapés qui ont raconté l'horreur et, pour la première fois, l'ancien maire de la ville a reconnu ne pas avoir assez bien informé ses concitoyens des risques d'inondation. 

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Avec notre envoyé spécial aux Sables-d’Olonne,  Franck Alexandre

Du bout des lèvres, l’ancien maire de La Faute-sur-Mer l’avoue. « C'est vrai », dit-il au tribunal. En termes d’information sur les risques de catastrophe naturelle, il n’en a « pas fait assez ». Mais ses aveux s’arrêtent là.

René Marratier, 62 ans, personnage massif au caractère bourru, n’aime visiblement pas avoir tord. « Je n’avais pas l’impression d’habiter dans une zone de dangerosité extrême », tranche-t-il. « On a toujours fait les démarches administratives comme il fallait », dit-il encore. Et quand le tribunal lui rappelle qu’il a toujours fait une obstruction systématique à toute mesure initiée par la préfecture pour parer au danger d’une submersion marine, il rétorque : « J’ai été réactif ». Il n’en dira pas plus.

A la barre, les victimes, elles, parlent d’une mairie forteresse où siégeait le « roi René », un maire autoritaire qui traitait d’opposants tous ceux qui s’inquiétaient et posaient des questions. Un terrible portrait. Alors, la défense tente de le rendre sympathique et rappelle qu’il a organisé une cellule de soutien psychologique après la catastrophe. « Faux, répond le parquet. C’est l’Etat qui l’a fait. » Accablant. 

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