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France

France: haro contre la réforme du congé parental

Le gouvernement prévoit une division par trois de la prime à la naissance à partir du deuxième enfant.
Le gouvernement prévoit une division par trois de la prime à la naissance à partir du deuxième enfant. AFP PHOTO / MYCHELE DANIAU
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Pour tenir ses engagements d’économies, le gouvernement français veut réformer le congé parental et diviser par trois la prime à la naissance pour le deuxième enfant. Des mesures annoncées par Marisol Touraine, dans le cadre du budget sur la Sécurité sociale pour l'année 2015.

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Marisol Touraine a eu beau assurer que le gouvernement aimait les familles, à l’annonce des propositions du gouvernement pour réduire le déficit de la Sécu, les associations de familles n’ont pas caché leur colère. Parmi les principales mesures, une nouvelle réforme du congé parental dont la durée sera répartie entre le père et la mère. Or, 96 % de ses bénéficiaires sont aujourd’hui des femmes. « Dans les faits, on s’aperçoit que c’est très rare que le père s’arrête de travailler pour s’occuper des enfants, observe Dominique Marmier, président de l'association Familles rurales. Ça tend donc plutôt à dire qu’on va réduire le congé parental. On pense que si on met à mal la politique familiale, ça menace le taux de natalité qui risque de baisser. Ce qui posera des problèmes économiques. »

Autre problème : les places en crèche manquent pour accueillir les enfants. Selon Thierry Vidor, le directeur général de Familles de France, ces mesures sont donc un sacrifice de la famille, tout comme la division par trois de la prime de naissance pour le deuxième enfant. « Ça va essentiellement impacter les familles moyennes et les familles les plus modestes. L’arrivée d’un enfant, quel qu’il soit – le premier, le deuxième, le troisième – représente toujours des frais considérables, et notamment quand on a plusieurs enfants. Il faut souvent déménager, refaire une chambre… », rappelle Thierry Vidor. Et le directeur général de Familles de France ne ménage pas ses mots : « L’État ne reconnaît plus les familles, ne s’investit plus dans les familles. C’est quasiment une déclaration de guerre. » Aujourd'hui, 85 % des familles bénéficient de cette prime de naissance.

Les politiques scandalisés

À droite comme à gauche, les politiques sont eux aussi vent debout contre des mesures qu’ils estiment choquantes. Pour Marie-George Buffet, la réforme du congé parental est une « supercherie ». « On nous présente le congé parental comme une mesure pour l’égalité entre les hommes et les femmes, alors que le but c’est de faire des économies, en sachant – avec un certain cynisme – que beaucoup de pères refuseront de prendre ces congés. On utilise la notion d’égalité pour en fait faire de l’austérité », critique la députée communiste. « On gaspille d’un côté de l’argent en allant faire de l’autre les poches des plus pauvres », dénonce-t-elle encore, en référence au pacte de responsabilité.

Sébastien Huyghe, député UMP du Nord, se dit pour sa part « scandalisé de la décision de s’attaquer à la politique familiale de la France ». « La politique familiale, c’est une politique pour l’avenir. S’il y a des économies à faire, c’est partout sauf sur la politique familiale qui montre son efficacité, qui est une réussite qu’on nous envie partout en Europe, notamment en Allemagne », juge-t-il.

« Il faut avoir conscience que la Sécurité sociale a aujourd’hui un déficit très important », rappelle le sénateur PS Luc Carvounas qui émet cependant certaines réserves aux propositions du gouvernement. « Je fais partie de ceux qui pensent qu’il y a des sujets qui peuvent apparaître comme symboliques, comme les indemnités liées à la naissance. Les diminuer pour le deuxième enfant, je ne suis pas persuadé que ce soit la meilleure occasion de réaliser quelques économies », avance-t-il prudemment. Le sénateur socialiste espère que le débat parlementaire fera évoluer cette proposition.

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