France

France: un corps découvert sur le site d’un barrage contesté

Sur le site de la manifestation à Sivens, près de la ville de Gaillac, ce dimanche.
Sur le site de la manifestation à Sivens, près de la ville de Gaillac, ce dimanche. AFP PHOTO / PASCAL PAVANI
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En France, on s’interroge que ce qui a pu se passer dans la nuit de samedi à dimanche sur le site du barrage de Sivens dans le Tarn (sud-ouest). Les opposants qui s’étaient mobilisés pour dénoncer un projet coûteux affirment qu'un homme est mort lors d'affrontements avec les gendarmes. Une enquête a été ouverte.

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Pour le procureur d'Albi, il est pour l'instant impossible de connaitre les causes du décès de cet homme. On sait qu'il s'appelle Rémi, qu'il a 21 ans. Son corps a été découvert vers 2h du matin. L'enquête va donc déterminer si oui ou non il était dans les affrontements, comme le disent les opposants au barrage.

Ce qui est sûr, c'est que des échauffourées ont éclaté samedi en début de soirée. Des jeunes encagoulés, qui se sont présentés comme anarchistes, ont affronté la police. Les forces de l'ordre ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des flash-balls.

Quatre CRS et un gendarme ont été blessés. Deux d'entre eux ont dû être hospitalisés. Selon le responsable de la gendarmerie du Tarn, le calme est revenu vers 21 heures. Mais d'après le porte-parole des opposants, d'autres affrontements ont eu lieu plus tard dans la nuit. Les opposants attendent maintenant le résultat de l'autopsie. Elle aura lieu lundi.

Une manifestation pacifique contre le barrage

Ils étaient plus de 2 000 à se rassembler pour protester contre la construction de ce barrage, qui est loin de faire l'unanimité dans la région. C'était la plus importante mobilisation depuis le début du mouvement, il y a deux mois. Les opposants ont reçu la visite de l'eurodéputé Jean-Luc Melenchon, samedi.

Ce qui pose problème aux personnes venues pour protester, c'est la destruction d'une zone humide, 94 espèces protégées y vivent. Les manifestants trouvent aussi le projet coûteux. Pour eux, il ne servira qu'à une poignée d'agriculteurs.

C'est faux, répond le Conseil général du Tarn, qui dirige ce projet. Le barrage-réservoir pourra stocker plus d'un million de mètres cubes d'eau, ce qui constituerait donc une réserve pour l'agriculture. Et le Conseil assure qu'une nouvelle zone humide sera créée.

Mais ces arguments ne suffisent pas à convaincre les opposants, qui ont reçu l'appui de l'ancienne ministre Cécile Duflot. Les eurodéputés José Bové et Noël Mamère ont aussi apporté leur soutien. Cette semaine, un rapport d'expert sur ce barrage sera rendu public. C'est la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal qui l'a commandé.

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