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France: réunion du conseil général du Tarn s'en remet à l'Etat

Un manifestant joue à la guitare, allongé sur la route, devant les forces de l'ordre, Albi le 27 octobre 2014.
Un manifestant joue à la guitare, allongé sur la route, devant les forces de l'ordre, Albi le 27 octobre 2014. ©REUTERS/Regis Duvignau
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le Conseil général du Tarn (sud de la France) s'est réuni vendredi matin afin de se prononcer sur la suspension du barrage controversé et contesté de Sivens. Il a suspendu le chantier, et s'en remet à l'Etat dans un dossier qui est devenu une affaire nationale. Les opposants au barrage ont manifesté dans le calme, sous les fenêtres du Conseil général à Albi. 

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Avec AFP et notre envoyée spéciale à Albi, Alice Pozycki

Le Conseil général du Tarn a suspendu vendredi 31 octobre le chantier du barrage de Sivens, sans fixer de date butoir, cinq jours après la mort d'un manifestant lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.

« Le drame intervenu dans la nuit de samedi à dimanche conduit l'assemblée
départementale à prendre acte de l'impossibilité de poursuivre toute activité liée au déroulement du chantier sur le site de Sivens
 », a déclaré le président socialiste du Conseil général du Tarn, Thierry Carcenac.

Contrairement à ce qui avait été prévu, aucun débat ni vote n'ont eu lieu au Conseil général, la suspension ayant visiblement été entérinée lors de deux réunions préparatoires jeudi soir et vendredi matin. Le président Carcenac a appelé à « mettre en oeuvre les préconisations des experts mandatés par le ministère de l'Écologie ».

Côté manifestants, on ne baisse pas la garde. A l'extérieur du siège du conseil général à Albi, 200 opposants environ ont manifesté dans le calme, brandissant une pancarte proclamant « Non au barrage de Sivens, oui au moratoire, oui au débat public ».

« On ne s'est jamais fait entendre »

Hier soir, devant le feu de camp du campement, Camille coupe des légumes pour le repas du soir. Elle fera partie du rassemblement devant le conseil général : « C'est une date importante à marquer pour pouvoir enfin dire stop à ce projet. Il faut arrêter de dire qu'il est trop tard pour revenir en arrière. Bien sûr qu'il est encore temps, bien sûr que la forêt on pourra la replanter. J'attends qu'enfin on écoute nos revendications. »

Un peu plus loin, « Petitpas » est en pleine réunion avec une dizaine d'autres zadistes. Il regrette que ce débat autour du barrage arrive si tard : « On ne s'est jamais fait entendre. Il attendent toujours quelque chose, comme la mort de Rémi, pour que l'on puisse commencer à débattre. Il faut absolument qu'il y ait une merde qui arrive. Je trouve ça incroyable. »

Emile, lui, ne sait pas s'il se joindra aux autres. Il redoute de nouveaux affrontements avec les forces de l'ordre : « On n'a pas envie de se retrouver face à dix ou quinze camions de gardes mobiles, qui sont des gendarmes, et qui sont dans leur élément en ville, et qui vont, s'ils le décident, nous massacrer. Ce n'est pas la peine de faire des blessés. Notre but, c'est de faire pression sur le vote, mais pas à n'importe quel prix. »

Qu'ils se rendent au rassemblement ou non, les occupants réclament tous l'arrêt total et définitif du chantier.

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