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France

Barrage de Sivens: Ségolène Royal convoque une réunion de concertation

Ségolène Royal, ministre française de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie.
Ségolène Royal, ministre française de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie. REUTERS/Robert Pratta
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal réunit ce mardi les élus du Conseil général du Tarn pour discuter du barrage contesté de Sivens. Une réunion organisée une semaine après le rapport critique des experts concernant ce projet, et dix jours après la mort de Rémi Fraisse, militant écologiste, sur le site du chantier. Avec cette réunion, c'est le sort du barrage de Sivens qui est en jeu.

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Les antibarrages réclamaient l'ouverture des discussions depuis plusieurs années. Mais autour de la table ce mardi, ne seront présents que les élus du Conseil général du Tarn, des représentants de l'Agence de l'eau et de l'Etat. Associations et agriculteurs ne seront reçus que dans un second temps, jeudi et vendredi.

« Il y a eu manifestement une erreur d'appréciation ». En prononçant ces mots à propos du barrage de Sivens, Ségolène Royal semble avoir scellé le sort de ce chantier particulièrement controversé. Le président du Conseil général a, quant à lui, réitéré l'importance de ce barrage pour le territoire rural. « C'est un projet d'intérêt général et d'utilité publique », a-t-il martelé devant les élus du Conseil général vendredi dernier.

Thierry Carcenac a beau avoir suspendu le chantier et pris en compte les critiques des experts missionnés par la ministre de l'Ecologie, il ne souhaite pas abandonner le projet. C'est pourtant ce que demandent les associations de défense de l'environnement, qui ne se contenteront pas d'une simple suspension. Le rapport d'expertise, qui doit servir de base pour les discussions, recommande, lui, la poursuite du projet au vue de l'avancement des travaux.

Ségolène Royal cherche à éviter la rupture avec les écologistes

La ministre de l'Ecologie, qui ne s'est pas exprimé pendant plusieurs jours après la mort de Rémi Fraisse, reprend désormais la main sur un dossier devenu très politique, en recevant tous les interlocuteurs - élus, agriculteurs et défenseurs de l'environnement. Son objectif : tenter de trouver « des solutions ». Une tâche difficile tant les points de vue semblent irréconciliables.

Même si Ségolène Royal a bien pris soin de préciser qu'elle n'entendait pas se substituer aux élus locaux pour décider, en rappelant les réserves émises concernant le projet de Sivens dans un rapport commandé en septembre par le ministère, elle apporte tout de même de l'eau au moulin des écologistes qui ont dénoncé la construction de ce barrage depuis le départ.

Une position qui pourrait calmer les attaques particulièrement violentes de certains responsables écologistes, comme Cécile Duflot, qui a parlé de « tâche indélébile sur l'action du gouvernement » après la mort de Rémi Fraisse. L'eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts, José Bové, regrette pour sa part qu’un débat n’ait pas eu lieu plus tôt : « C’est ça le drame dans ce pays et je pense qu’en France la démocratie est malade. Elle est malade parce qu’on impose aux gens par les déclarations d’utilité publique, on en impose par le haut sans écouter le terrain. »

Et José Bové poursuit : « Aucun des rapports proposés par les associations n’ont été intégrés dans la réflexion autour de ce projet et au contraire, tout ce qui a été fait par les associations, par les différents collectifs a été rejeté. Or quand on lit le rapport des experts, ils reprennent tous les arguments qui avaient été mis en avant par les associations. Et là ça pose problème. Ça veut dire que la loi est malade et c’est vrai pour Sivens comme c’est vrai pour Notre-Dame-des-Landes, comme c’est vrai pour beaucoup de projets, le Lyon-Turin et beaucoup de projets d’aménagements locaux. Il faut que là on ait une réflexion nouvelle et qu’on remette à plat tous les modes de décision en termes d’aménagement du territoire. »

Ségolène Royal dont la décision d'abandonner l'écotaxe, il y a quelques semaines, lui avait attiré les foudres des Verts, cherche cette fois-ci un compromis acceptable pour éviter la rupture avec les partenaires écologistes.

 → A (RE) LIRE : France: le barrage de Sivens, un projet très contesté

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