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France

Affaire Fillon: revirement de Jean-Pierre Jouyet

François Fillon,, alors Premier ministre de Nicolas Sarkozy, et au second plan, Jean-Pierre Jouyet, alors secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, le 12 novermbre 2008.
François Fillon,, alors Premier ministre de Nicolas Sarkozy, et au second plan, Jean-Pierre Jouyet, alors secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, le 12 novermbre 2008. AFP / GERARD CERLES
Texte par : RFI Suivre
4 min

Le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, a admis ce dimanche que, lors d'un déjeuner en juin dernier, François Fillon lui a parlé de l'affaire Bygmalion et des pénalités liées au dépassement du plafond des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012.  Dimanche soir sur TF1, François Fillon a accusé Jean-Pierre Jouyet de «mensonge».

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Thomas Guénolé, politologue

François Fillon dément dans l'édition du 9 novembre du Journal du dimanche avoir demandé à Jean-Pierre Jouyet d'accélérer les procédures judiciaires visant Nicolas Sarkozy et dénonce une « forme de déstabilisation et de complot ». « Je ne peux pas croire que le secrétaire général de l'Élysée ait pu tenir aux journalistes du Monde les propos qui lui sont prêtés », ajoute l'ex-Premier ministre. « Si c'était le cas, ce serait une affaire d'État d'une extrême gravité. Ce serait une tentative de déstabilisation d'un responsable de l'opposition », dénonce-t-il.

François Fillon a bien déjeuné le 24 juin dans un restaurant près de l'Elysée avec Jean-Pierre Jouyet, et son ancien directeur adjoint de cabinet à Matignon, Antoine Gosset-Grainvillle. Mais selon lui, « à aucun moment ils n'ont évoqué la question des pénalités financières infligées à M. Sarkozy et réglées par l'UMP ».

Jean-Pierre Jouyet aurait cependant dit aux journalistes du Monde le 20 septembre que François Fillon l'avait à cette occasion pressé d'intervenir pour accélérer les procédures. « Tapez vite, tapez vite ! Jean-Pierre, tu as bien conscience que si vous ne tapez pas vite, vous allez le laisser revenir. Alors, agissez ! », aurait lancé François Fillon, accusant l'ex-président d'« abus de bien social », de « faute personnelle ».

«François Fillon m'a fait part de sa grave préoccupation concernant Bygmalion»

Jean-Pierre Jouyet a depuis démenti ces propos, mais les deux journalistes l'avaient
enregistré, avec son assentiment. François Fillon a annoncé avoir porté plainte en diffamation contre les deux journalistes et le quotidien Le Monde. « Je suis candidat à l'élection présidentielle. En trente ans, mon nom n'a jamais été associé à une affaire ou un comportement contraire à l'éthique », souligne l'ancien Premier ministre dans le JDD. « J'ai toujours respecté mes adversaires politiques et, a fortiori, les membres de ma propre famille politique. Je n'éprouve que du dégoût devant de tels procédés qui discréditent notre démocratie », dénonce François Fillon.

Mais ce dimanche après-midi, le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, a admis auprès de l'AFP que, lors d'un déjeuner en juin dernier, François Fillon lui a parlé de l'affaire Bygmalion et des pénalités liées au dépassement du plafond des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 : « François Fillon m'a fait part de sa grave préoccupation concernant l'affaire Bygmalion. Il s'en est déclaré profondément choqué (...) Il a également soulevé la question de la régularité du paiement des pénalités payées par l'UMP pour le dépassement des dépenses autorisées dans le cadre de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy », a déclaré Jean-Pïerre Jouyet, affichant ainsi un revirement après avoir démenti jeudi toute intervention de l'ex-Premier ministre auprès de lui concernant les affaires judiciaires de Nicolas Sarkozy.


Analyse : l'affaire Jouyet-Fillon est-elle une affaire d'Etat ?

François Fillon accuse le secrétaire général de l’Elysée de mensonge, et menace de porter plainte contre lui. C’est désormais parole contre parole : ou François Fillon a bien demandé à Jean-Pierre Jouyet une intervention de la justice pour nuire à Nicolas Sarkozy, et dans ce cas l’avenir politique de l’ancien premier ministre apparaît bien compromis, ou Jean-Pierre Jouyet affabule (et ses changements de version le fragilisent), et on est alors face à un « scandale d’Etat », pour reprendre l’expression de François Fillon.

Déjà, à l’UMP, on demande la tête du secrétaire général de l’Elysée. Et une nouvelle fois – après les affaires Jérôme Cahuzac et Aquillino Morelle –, François Hollande subit le procès de son entourage.

Dans l'affaire Jouyet-Fillon, tous les ingrédients sont réunis pour alimenter un peu plus la défiance des Français à l‘égard du pouvoir et du personnel politique : un déjeuner entre puissants, où il est peut-être question d’intervention sur la justice ; un ancien Premier ministre qui accuse l'un des ses anciens ministres de mensonge en direct à la télévision – l’ancien ministre étant aujourd’hui le secrétaire général de l’Elysée, ami intime du président de la République. Tout cela sent le souffre, tout est potentiellement explosif : le Front national peut se frotter les mains. Fillon ou Jouyet, l’affaire fera au moins une victime. Et beaucoup de dégâts.

Je suis scandalisé et en colère contre ces accusations qui mettent en cause mon honneur. Moi, je ne peux pas croire que M. Jouyet ait tenu ces propos, parce que je le connais (...) Je dis que c'est faux.

François Fillon

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