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France / Education

France: une circulaire «caricaturale» sur la radicalisation religieuse

Pour les syndicats enseignants, la circulaire du rectorat de Poitiers est jugée au mieux «maladroite», au pire «raciste».
Pour les syndicats enseignants, la circulaire du rectorat de Poitiers est jugée au mieux «maladroite», au pire «raciste». Reuters
Texte par : RFI Suivre
2 min

« Barbe longue », « refus du tatouage ». Le rectorat de Poitiers a diffusé auprès des chefs d’établissement scolaires de la Vienne une circulaire pour reconnaître les signes de radicalisation islamiste. Le texte, un « Powerpoint », est censé aider les responsables de collège et de lycée à repérer les jeunes qui pourraient à terme se tourner vers le jihad. Une circulaire qui étonne, voir choque, les syndicats enseignants.

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La circulaire - un document de 14 pages repéré puis diffusé par le site d’information en ligne Mediapart - a rendu certains chefs d'établissement perplexes, et en a un peu choqué d'autres. C'est ce qu'explique Jean-François Roland, secrétaire départemental du syndicat Unsa dans la Vienne. Beaucoup se posent maintenant la question : la Vienne est-elle particulièrement concernée par cette radicalisation des jeunes ?

Mais ce n'est pas la seule interrogation de Jean-François Roland : « Ce qui est étonnant dans ce document, c’est qu’on ne parle que de la religion musulmane. C’est ça qui est troublant avec le vocabulaire employé. » Et Jean-François Roland de citer ces « indices » avant-coureurs d’une radicalisation : « barbe longue non taillée (moustache rasée », « l’habillement musulman ». Sans oublier « les cheveux rasés » ou encore le « refus du tatouage », en passant par la « perte de poids liées à des jeûnes fréquents ». « C’est un vocabulaire qui n’est généralement pas utilisé à l’Education nationale », renchérit le secrétaire départemental de l’Unsa.

Un texte perfectible

Najat Vallaud-Belkacem, la ministre concernée, l'a elle-même concédé, le texte est perfectible. Elle parle d'une initiative isolée du rectorat de la Vienne. Pour Jean-François Roland, cela ne dédouane pas l'Education nationale : « Pour le moins, [cette circulaire] doit être améliorée, c’est le moins que l’on puisse dire. Moi je dirais que c’est une note simpliste, caricaturale. C’est maladroit. Je pense qu’elle aurait dû être relue avant d’être diffusée aux chefs d’établissement. »

Si le secrétaire départemental de l'Unsa s'arrête là dans sa critique, la secrétaire académique du syndicat Snes-FSU, dénonce elle une « caricature grossière » et des
« simplifications outrancières ». Elle qualifie cette initiative de « racisme pur et dur ».

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