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Europe

Le pape «ne peut tolérer que la Méditerranée devienne un cimetière»

Le pape François, devant le Parlement européen, a comparé l'Europe vieillissante à «une grand-mère» affaiblie.
Le pape François, devant le Parlement européen, a comparé l'Europe vieillissante à «une grand-mère» affaiblie. REUTERS/Christian Hartmann
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le pape François est à Strasbourg, sur le territoire français, ce mardi 25 novembre 2014. Mais ce sont les institutions européennes qu'il est venu visiter. Pour la première fois, le souverain pontife est allé au Parlement. « L'Europe vieillit », a-t-il dit. Et d'appeler l'Union européenne à offrir aide et accueil aux migrants clandestins qui affluent à ses frontières.

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Avec nos envoyés spéciaux à Strasbourg, Piotr Moszynski et Antoine-Marie Izoard

Pas de bain de foule pour le pape François, ce mardi 25 novembre à Strasbourg. Dans une allocution devant le Parlement européen, réuni en séance solennelle, il a exhorté l'Union européenne à s'unir face aux difficultés. Il a d'emblée annoncé son désir d'adresser à tous les citoyens européens un message d'espérance et d'encouragement, message plein de respect de la dignité humaine. Le pape a tenu à souligner le rôle central que joue l'engagement de l'Union européenne dans la promotion des droits humains. Il s'est élevé contre le mauvais traitement infligé aux êtres humains, et ce malgré toutes les difficultés éprouvées par l'économie.

François a lancé un vibrant appel à relier sagement la dimension personnelle à celle des biens communs. Un message profondément humaniste, donc. Il a réaffirmé avec force la sacralité de la personne humaine, valeurs inaliénables, dénonçant particulièrement sans doute l'avortement et l’euthanasie. Puis le souverain pontife a fait mention de quelques préoccupations très concrètes quant au sort du continent européen, notamment la situation de l'éducation et de la famille, et ensuite l'engagement en faveur de l'écologie. Son message : vieille, fatiguée, effrayée, repliée sur elle-même, l'Europe ne doit pas pour autant perdre son âme.

La question migratoire a été un thème central. Dans l'hémicycle monumental, souvent interrompu par des applaudissements, le pape a déclaré : « On ne peut tolérer que la Méditerranée devienne un grand cimetière ! Dans les barques qui arrivent quotidiennement sur les côtes européennes, il y a des hommes et des femmes qui ont besoin d'accueil et d'aide. » Une parole qui fera date. L'heure est venue, selon le pape François, de construire une Europe qui tourne non pas autour de l'économie, mais bien de cette idée phare de sacralité de la personne humaine.

Et de dénoncer le silence « honteux », « complice », face aux violences barbares à l'encontre des minorités religieuses dans le monde, les chrétiens en particulier. Toujours au sujet de la religion, François a d'ailleurs assuré que le patrimoine chrétien du vieux continent n'était pas un danger pour la laïcité, et qu'il pourrait faire aussi barrage aux extrémismes. « L'Europe qui embrasse avec courage son passé, a-t-il dit, regarde avec confiance son avenir pour vivre avec espérance son présent. » Des mots qu'il a d'ailleurs laissés par écrit sur le livre d'or au Parlement européen.


Déclaration du pape François devant le Parlement européen de Strasbourg : « Ma visite a lieu aujourd'hui plus d'un quart de siècle après celle du pape Jean-Paul II. Beaucoup de choses ont changé depuis lors en Europe. Ces blocs opposés qui divisaient alors le continent en deux parties n'existent plus. Petit à petit, le désir que l'Europe puisse un jour se déployer à la hauteur des dimensions qui lui ont été données par la géographie et par l'histoire, est en train de se réaliser lentement. Cette Union européenne plus étendue, plus influente, semble aujourd'hui s'associer à l'idée d'un continent quelque peu vieilli, et parfois contracté sur le plan géographique, qui tend à se sentir moins protagoniste, et qui est parfois perçue avec une certaine distance, avec une certaine méfiance, et même une certaine forme de suspicion. »

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