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France

France: grandeur et décadence de la SNCM

Le ferry «Danielle Casanova» construit par la Société nationale maritime Corse Méditerranée, dans le port de Marseille, le 28 novembre 2014. Ce ferry a été baptisé du nom de la résistante corse morte en déportation à Auschwitz en 1943.
Le ferry «Danielle Casanova» construit par la Société nationale maritime Corse Méditerranée, dans le port de Marseille, le 28 novembre 2014. Ce ferry a été baptisé du nom de la résistante corse morte en déportation à Auschwitz en 1943. REUTERS/Jean-Paul Pelissier
Texte par : Altin Lazaj
2 min

Le tribunal de commerce de Marseille a mis en cessation de paiement la compagnie maritime SNCM. Cela ouvre la voie à un redressement judiciaire demandé par les actionnaires de l’entreprise. Les syndicats en désaccord avec la direction voient en cela la première étape vers la liquidation.

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Au cœur du conflit, il y avait un désaccord sur la stratégie à adopter pour maintenir la compagnie maritime et conserver un service public, une desserte entre Marseille et la Corse. Il est question de conserver aussi les liaisons à destination du Maghreb. Ce désaccord entre l'Etat, les syndicats de l'entreprise et les actionnaires dure depuis maintenant plus de 10 ans. Aucune réponse pérenne n'y a été apportée.

L’un des acteurs majeurs, c'est Transdev, l'actionnaire majoritaire. Transdev une co-entreprise formée par le géant français VEOLIA et la Caisse des Dépôts. Elle détient 66% de la SNCM, l'Etat 25% et les salariés 6 %. Pour Transdev et l’Etat, la situation économique et financière de la compagnie maritime n'est pas viable, et la seule solution c'est donc le redressement judiciaire, car il ouvre la voie à un éventuel repreneur. Les syndicats en revanche estiment qu’ un redressement judiciaire ouvre la voie à la disparition pure et simple de l’entreprise.

Le redressement permettra également à la compagnie d'éviter le remboursement d'aides, un montant de plus de 400 millions d'euros. C’est une amende que Bruxelles a imposée, suite aux subventions accordées par l’Etat à la compagnie en 2006, lors de sa privatisation, jugées par la Commission européenne non conformes aux règles de la concurrence.

Une histoire mouvementée

En effet, cette compagnie maritime a connu un peu de tout : la prospérité, puis la fin du monopole avec l’arrivée de la concurrence privée, les difficultés financières, les conflits parfois violents, la privatisation et aujourd’hui le redressement judiciaire.

La SNCM est née officiellement en 1976. Une convention est signée entre la compagnie et l'Etat pour assurer la desserte entre la Corse et le continent. Plus tard, dans les années 1990, Bruxelles exige une libéralisation du système. Un concurrent privé, Corsica Ferries, s'implante à Nice et lance également une ligne au départ de Toulon en 1999. Les difficultés financières commencent pour la SNCM et l’Etat décide de la recapitaliser, mais à la condition qu'environ 200 postes soient supprimés. Depuis 2001, la compagnie a accumulé un déficit de 200 millions d’euros.

La SNCM c’est aussi l’histoire d’un dossier mal administré aussi bien par des responsables politiques de gauche que de droite, des actionnaires, des dirigeants et des syndicats. La situation de faillite de l’entreprise est paradoxale, car le transport maritime de voyageurs et le fret ont plein de perspectives et en particulier en Méditerranée.

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