Accéder au contenu principal
France/Politique

Manuel Valls, opération reconquête

Le Premier ministre Manuel Valls parfois clivant tente de rassembler la majorité.
Le Premier ministre Manuel Valls parfois clivant tente de rassembler la majorité. REUTERS/Benoit Tessier
Texte par : Florent Guignard
4 mn

Un apéritif avec les parlementaires socialistes, une longue interview télévisée dimanche soir, un discours sur la réduction des inégalités… Le Premier ministre entame une longue séquence pour tenter de rassembler la majorité.

Publicité

C’est une longue séquence politique et médiatique, comme on les aime dans l’entourage de Manuel Valls. Elle commence mercredi 3 décembre au soir, avec un apéritif organisé à l’Assemblée nationale. Ce ne sera pourtant pas open bar. Tout le monde n’est pas invité. Les frondeurs et les amis de Martine Aubry n’ont pas reçu leur carton d’invitation. Petit paradoxe pour le chef de la majorité : il incarne en principe toute la majorité et n’invite que ceux qui pensent comme lui.

Son entourage table sur une petite centaine de participants. Suffisant à leurs yeux pour montrer que Manuel Valls n’est pas l’homme seul que beaucoup décrivent. L’ancien maire d’Evry a beau être le Premier ministre, il conserve cette image d’électron libre volontiers iconoclaste. Certains socialistes ne manquent pas de rappeler qu’il est « Monsieur 5 % »… 5 % des voix à la primaire en 2011. « Dans le parti, Manuel Valls ne pèse pas grand-chose, estime un ministre. Il n’est pas très bien vu. »

« On peut réussir sa vie sans être président »

De fait, son interview retentissante fin octobre au Nouvel Observateur a semé le trouble. « La gauche peut mourir », disait Manuel Valls qui vilipendait « la gauche passéiste et son surmoi marxiste »… Le Premier ministre semblait acter la fin du Parti socialiste, remplacé par « une maison commune » ouverte aux centristes. Comme si Manuel Valls était encore ce personnage ambitieux, mais minoritaire du PS. « Il a poussé le bouchon un peu trop loin », analyse un socialiste. Quelques jours plus tard, François Hollande l'avait gentiment moqué et remis à sa place lors d'une cérémonie de décoration à l'Elysée. « On peut réussir sa vie sans être président », avait lâché le chef de l’Etat, trop heureux de moquer l’ambition de celui qui fut son directeur de la communication pendant la campagne présidentielle.

Certes Manuel Valls est deux fois plus populaire que François Hollande, mais dans les sondages, il n'est plus le héros de la gauche. Matignon, Valls en rêvait. Mais à Matignon, on perd des plumes. Confrontée à l’exercice du pouvoir, son image d’autorité et de professionnalisme en a pris un coup. Il n’y a pas moins de couacs sous Valls qu’il n’y en avait sous Ayrault. Et même s’il est plus présent auprès des députés, c’est à son arrivée à la tête du gouvernement, au mois d’avril, que les frondeurs ont pris leur envol.

Fil rouge

Y a-t-il péril en la demeure de Matignon ? Le Premier ministre se livre désormais à un certain repositionnement, obligé de gauchir son discours pour rester au centre du jeu. En témoigne sa sortie mardi contre le patronat. Le matin, le ministre de l’Economie avait pointé « l’échec » du Medef dans le Pacte de responsabilité. A l'Assemblée nationale, Manuel Valls s'en est pris aux « provocations » de certains « dirigeants d’entreprise » qui ne sont « pas à la hauteur » de leurs « responsabilités ».

La ligne social-libérale qu’incarne Manuel Valls dérange, le voilà obligé d'en tenir compte. La semaine prochaine, Manuel Valls sera devant la Fondation Jean-Jaurès pour un discours que ses proches jugent d’ores et déjà « important », consacré à la lutte contre les inégalités. Le Premier ministre entend en faire le fil rouge de son action pour 2015. 2015, année de congrès chez les socialistes. Manuel Valls y pense bien sûr. « Le risque de ce congrès, estime un ministre proche de François Hollande, c’est que ce soit un défouloir contre Manuel Valls. » Le Premier ministre entend les signaux qui lui sont adressés ; il entend aussi les rumeurs de rupture qu’on lui prête. Et officiellement, il entend durer jusqu’au bout, en 2017.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.