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France

Voitures diesel: l’exception française a fait long feu

En France, 67% des véhicules ont un moteur diesel responsable d'une grande part des émissions de particules fines.
En France, 67% des véhicules ont un moteur diesel responsable d'une grande part des émissions de particules fines. REUTERS/Charles Platiau
Texte par : Emmanuelle Raybaut
3 mn

Lors de la troisième Conférence environnementale qui s'est refermée vendredi 28 novembre, le Premier ministre français Manuel Valls a fait une annonce qui risque de bouleverser la filière automobile en France : « En France le moteur diesel a longtemps été privilégié. Cela a été une erreur, il faut progressivement revenir dessus avec intelligence et pragmatisme. »

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En France, plus de 67% des véhicules ont des moteurs diesel, ce qui place le pays en première position dans le monde. A titre de comparaison, seuls 2,5% des véhicules américains sont des diesels et à peine 1% en Chine. L'Etat a longtemps encouragé le gazole en appliquant une fiscalité avantageuse et les constructeurs français en ont fait une niche de compétence. Mais depuis que l'Organisation mondiale de la santé a reconnu le caractère cancérigène des particules fines émises en grande partie par les anciens moteurs diesel, le gouvernement a été obligé de changer son fusil d'épaule.

La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal a proposé pour l'an prochain la mise en place d'un super bonus (jusqu’à 10 000 euros) pour l'achat d'un véhicule électrique en cas de remise d'une voiture diesel de plus de 13 ans, mais uniquement dans certaines zones géographiques. Une autre solution est envisagée : aligner la fiscalité du diesel sur celle de l'essence. Mais la mesure risque de passer difficilement auprès des Français les plus modestes qui sont le plus souvent les propriétaires de ces anciennes voitures diesel.

Le retour de la vignette ?

Une troisième voie est évoquée : un système d'identification qui s'appliquerait à partir de 2015 aux voitures jugées les plus polluantes. Ces véhicules auraient un signe distinctif qui permettrait de limiter leur circulation dans les zones urbaines en cas de pic de pollution. Il permettrait aussi de les soumettre à une taxe spécifique, l’équivalent d’une vignette écologique. Toutes ces mesures ne devraient pas toucher les véhicules neufs qui sont déjà soumis à un système de malus ou de bonus.

Apparemment, le gouvernement de Manuel Valls semble vouloir aller vite. D'autant plus que la législation européenne impose des contraintes de plus en plus fortes. Elle contraint déjà depuis 2011, par exemple, les voitures diesel à limiter leurs émissions en particules fines alors que cette norme ne sera appliquée pour les voitures à essence qu'en 2017. Mais avec un marché de l'automobile français en baisse, le remplacement des véhicules sales risque de prendre beaucoup de temps.

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