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France

A la CGT, le patron Thierry Lepaon ébranlé, mais pas débarqué

les déboires du numéro un de la CGT,Thierry Lepaon, pourraient lui coûter son poste.
les déboires du numéro un de la CGT,Thierry Lepaon, pourraient lui coûter son poste. AFP PHOTO / JOEL SAGET

Le secrétaire général de la CGT, premier syndicat de France, a sauvé son siège lors du bureau confédéral qui s’est tenu ce vendredi 5 décembre. Thierry Lepaon a remporté cette bataille, mais le combat est loin d’être clos. Mis en difficulté après les révélations faites sur ses indemnités de départ et sur les coûts élevés de travaux réalisés dans son appartement de fonction et son bureau, son avenir sera encore débattu au sommet de la puissante organisation avant le 16 décembre.

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Il a franchi la première barrière, mais le numéro un de la Conféderation générale du travail(CGT), Thierry Lepaon, ne bénéficie peut-être que d’un sursis. Désigné secrétaire général de la première organisation syndicale de France en mars 2013, son mandat n’a vraiment rien d’un long fleuve tranquille. 

Déterminé à rester

Les travaux onéreux de réfection à la fois dans son appartement de fonction pour plus de 100 000 euros et dans son bureau à hauteur de 21 000 euros, payés par la CGT, ont choqué bien des militants. Par ailleurs, la révélation ces derniers jours des indemnités de 31 000 euros que Thierry Lepaon a touchées à son départ de la direction du comité régional de Basse-Normandie lors de sa prise de fonction à la tête de la confédération n’a rien fait pour arrondir les angles.

Depuis, la colère des militants ne cesse de se manifester et ils sont nombreux à demander sa démission. La CGT, qui ne peut plus faire la sourde oreille, a réuni le bureau confédéral le 5 décembre. Les dix membres de cette instance ont examiné durant une demi-journée la situation du secrétaire général. A l’issue de la séance, la CGT a tenu à préciser dans un communiqué que « contrairement à ce qui circule dans certains médias, aucun membre du bureau confédéral n’a demandé la démission de Thierry Lepaon ».

Le patron reste donc en place et pour mieux affirmer sa détermination à garder son fauteuil, c’est Thierry Lepaon lui-même qui, dans une vidéo, déclare que son organisation reste « la première force syndicale dans la fonction publique », même si elle a perdu des points. Cela, avant même que ne soient connus les résultats définitifs des élections professionnelles dans la fonction publique qui se tenaient ce même vendredi.

Hostilités entre chefs

Thierry Lepaon a passé le premier tour, mais la partie n’est pas terminée. Dès le 9 décembre, il devra convaincre un exécutif élargi. Puis, il aura à croiser le fer avec les 130 membres du Comité confédéral national (CCN), une sorte de Parlement, qui siègera avant le 16 décembre si le quorum de 30% des organisations réussit à l’imposer. Même s’il peut porter à son crédit le bon résultat des élections professionnelles, rien ne dit que cela suffise à faire taire ses opposants.

Reste au secrétaire général à démontrer que son maintien, au moins jusqu’au prochain congrès programmé pour le moment en 2016, évitera d’ouvrir les hostilités entre chefs des fédérations et d’affaiblir le syndicat qui ne peut pas se le permettre. On dit Thierry Lepaon fin stratège et il l’a prouvé lors de la succession de Bernard Thibault, en mars 2013, alors qu’il ne figurait pas sur la liste des prétendants les plus sérieux. Mais cette fois-ci le coup est encore plus difficile à réussir.

Résiliations d’adhésions

Si Thierry Lepaon réussit à trouver les bons arguments pour convaincre une partie des dirigeants des 33 fédérations et des 99 unions départementales de le soutenir, ceux-ci risquent en retour d’avoir quelques difficultés à entraîner leurs militants. Ainsi, le SNJ-CGT, syndicat des journalistes CGT, a été le premier à réclamer, dès le 5 décembre, la démission de Thierry Lepaon en estimant que les révélations le concernant sont « inacceptables au regard de l’histoire et des valeurs de la confédération ».

A la base, quelques résiliations d’adhésions ont été enregistrées rapportent des syndicalistes qui entendent des militants leur dire qu’ils ne « veulent pas que leur argent serve à ça ». Les déboires du secrétaire général ne risquent pas non plus de faire remonter la cote de la CGT auprès des Français qui, selon un sondage Ifop, ne sont que 31% à avoir une bonne opinion du syndicat. Ils étaient 47% en mars 2013.

Malgré cette levée de boucliers, Thierry Lepaon n’est pas du tout prêt à jeter l’éponge. Et, selon le quotidien Les Echos, il enchaîne les réunions pour rallier les soutiens où figureraient déjà les dirigeants des fédérations parmi les plus importantes de la CGT que sont celles de la métallurgie, de l’énergie, des transports, des cheminots et de la santé.

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